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Un ex-responsable soudanais accusé de crimes au Darfour veut être jugé par la CPI

04 mai 2021 à 17h50 Par AFP
Un ex-responsable soudanais accusé de crimes au Darfour a annoncé qu'il préférait être jugé devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye et non au Soudan, qu'il juge incapable de rendre justice, a indiqué mardi sa fille à l'AFP. Ahmed Haroun est recherché par la CPI depuis plus d'une décennie pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre pendant le conflit au Darfour qui a débuté en 2003 et fait des centaines de milliers de morts. M. Haroun, ainsi que plusieurs autres figures du régime de l'ancien dictateur Omar el-Béchir, a été arrêté au Soudan après la chute de ce dernier en avril 2019, à la suite de manifestations inédites.Lundi, il a comparu devant une commission chargée d'enquêter sur les combats au Darfour, a indiqué à l'AFP sa fille Aliya Ahmed Haroun.Dans un communiqué de cinq pages daté du 3 mai, l'ancien responsable accuse les autorités locales de le maintenir en détention "en violation de la loi", ajoutant avoir été "privé" du droit de contester son arrestation."Une autorité avec une pratique aussi épouvantable de la loi ne sera pas capable et ne voudra pas rendre justice", affirme-t-il dans le texte très relayé mardi sur les réseaux sociaux."C'est pour cela, entre autres (...) que j'annonce avec confiance préférer pour mon dossier, s'il y en a un, être renvoyé devant la Cour pénale internationale", ajoute cet ancien gouverneur de l'Etat du Kordofan-Sud et ministre d'Etat de l'Intérieur.En 2007, le CPI a émis un mandat d'arrêt visant M. Haroun contenant 42 chefs d'accusation dont meurtre, viol, torture, persécution et pillage.Le conflit au Darfour a éclaté en 2003 entre des forces de l'ex-président Omar el-Béchir et des membres de minorités ethniques s'estimant marginalisées.Le pouvoir avait déployé des milices armées composées essentiellement de nomades arabes, accusées notamment de "nettoyage ethnique".Les violences ont fait quelque 300.000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés, surtout durant les premières années du conflit, selon l'ONU.M. Béchir, détenu à Khartoum, est également recherché par la CPI pour "crimes contre l'humanité" et "génocide" au Darfour (ouest).En décembre 2019, il a été condamné pour corruption et doit encore être jugé à Khartoum pour son rôle dans le coup d'Etat qui l'a mené au pouvoir en 1989.L'an dernier, Ali Kosheib, chef des milices Janjawid impliquées dans les atrocités au Darfour, recherché depuis 2007, s'est livré à la CPI.