Une poignée de soldats libyens rebelles veille à la frontière avec l'Egypte

Par La rédaction

POSTE FRONTIERE D'AMSAAD (Libye) (AFP)

 Une guérite où flotte le drapeau de la monarchie, emblème de la révolte contre Mouammar Kadhafi, gardée par une poignée de soldats rebelles libyens et des travailleurs ghanéens en rade: le poste frontière avec l'Egypte est presque abandonné.

"A bas le régime", proclame un graffiti accompagné de slogans religieux sur le mur en face de la position des militaires libyens en rupture de ban, dont la principale préoccupation semble être de s'assurer que tous les visiteurs sont bien des journalistes venus témoigner de la répression.

"J'appartenais à la katiba (bataillon) Omar al-Mokhtar, basée à Tobrouk, dans l'armée de Kadhafi mais après ce qu'il s'est passé, j'ai rejoint le peuple", confie un soldat en treillis, le visage masqué par un foulard.

Un peu plus loin, un groupe d'Africains grelottants se réchauffent autour d'un feu.

"Nous sommes tous des Ghanéens amenés ici par la compagnie turque Yuksel pour la construction de la route entre Derna et Tobrouk", explique l'un d'entre eux, Abdel Samad."Pour certains d'entre nous, nous travaillons sur ce chantier depuis un an et demi ou deux ans".

"Quand les incidents ont commencé, les responsables de la société nous ont promis de nous ramener chez nous mais ils nous ont simplement conduits ici par la route et nous ont abandonnés en emportant nos passeports et notre argent", poursuit-il. "Nous sommes ici depuis trois jours, nous n'avons que des photocopies de nos passeports et nous attendons ici que l'ambassade du Ghana résolve notre situation", précise-t-il.

Malgré la participation présumée de combattants d'Afrique noire à la répression aux côtés des miliciens du régime, ces travailleurs assurent être parvenus à convaincre la population de leur innocence.

"Hier, il y a des gens qui sont venus nous menacer mais nous leur avons montré nos papiers et ils ont compris que nous n'avions rien à voir avec ça", raconte un de ses camarades, Mohammad Ibrahim.

Au même moment, les occupants d'une voiture lancent des klaxons de joie en franchissant la frontière vers l'Egypte. Si l'exode des Egyptiens, qui a commencé depuis plus d'une semaine, se déroule à présent en bon ordre, alimentant une noria de véhicules sur lesquels s'entassent bagages et meubles, les travailleurs asiatiques traversent une passe plus difficile.

Dans une vaste salle du terminal égyptien se pressent plusieurs centaines de Philippins et de Thaïlandais.

"Nous attendons le visa pour entrer en Egypte.Nous étions 2.000 Philippins et Thaïlandais employés à la construction sur l'aéroport de Benghazi", deuxième ville de Libye, affirme Alex Malibiran, un Philippin de 37 ans. "La compagnie nous a payé le voyage en bus jusqu'ici, nous sommes arrivés hier", ajoute-t-il.

"Nous devons être 500 dans cette situation", estime un autre travailleur philippin, Alex Licuanan, 35 ans.

Anxieux de trouver un moyen de rentrer dans leur pays, ils tentent en outre désespérément