Une usine Renault en Algérie, symbole du nouveau partenariat entre Paris et Alger

Par La rédaction

Oran (Algérie) (AFP)

La France et l'Algérie ont inauguré lundi en grande pompe une usine Renault près d'Oran (ouest) qui va fabriquer la première voiture algérienne, une réalisation témoignant du renouveau des relations entre les deux pays depuis l'élection de François Hollande.

Signe de l'importance accordée de part et d'autre à ce projet, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius et son collègue de l'Economie, Emmanuel Macron, se sont rendus en Algérie pour assister à la sortie de la première voiture des chaînes d'assemblage, sous les yeux du Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal.

L'usine passée par de multiples péripéties avant le début des travaux en 2012 à Oued Tlelat "est le fruit d'un partenariat gagnant-gagnant", a souligné M. Sellal, dans son allocution.

Elle "traduit un partenariat algéro-français exemplaire et le triptyque action-ambition-amitié", a déclaré Laurent Fabius, pariant sur un "grand succès" de ce partenariat appelé, selon lui, à se renforcer, notamment dans les secteurs de l'industrie et du tourisme.

"Il faut aller de l'avant et passer à d'autres étapes", a ajouté le Premier ministre algérien.

Nouvelle Symbol, première voiture à être produite localement, "est un bel exemple du partenariat entre Renault et l'Algérie", septième marché mondial pour pour le constructeur français et leader dans le pays, selon l'entourage d'Emmanuel Macron.

Juste avant l'inauguration de l'usine, Renault a lancé une campagne publicitaire massive sous le slogan en arabe "dernaha Djazaïria (on l'a réalisée, elle est Algérienne).

Le constructeur a dû se plier à la loi algérienne qui n'autorise pas un partenaire étranger à détenir plus de 49% d'une société mixte.

L'usine "Renault Algérie production" est ainsi détenue à 51% par l'Etat algérien et 49% par le constructeur français.Elle est l'aboutissement d'un accord signé lors d'une visite du président François Hollande à Alger en décembre 2012.

L'usine embauchant actuellement quelque 350 personnes aura dans un premier temps une capacité de production de 25.000 véhicules par an, avant de passer à 75.000 unités en 2019 et à 150.000 à plus long terme.

L'investissement de 50 millions d'euros est appelé à passer à terme à 800 millions d'euros, selon des sources algériennes.

 

- Un marché en berne -

 

L'usine va produire une version de la voiture Dacia Logan, sous le nom "Renault Symbol", des véhicules destinés au marché intérieur algérien, le deuxième plus grand d'Afrique avec plus de 400.000 véhicules importés chaque année.

Le marché connaît toutefois une baisse qui devrait atteindre 20% fin 2014.Il y a eu 324.000 véhicules importées jusqu'à fin septembre pour 4,14 milliards de dollars, contre 439.000 pour la même période en 2013 pour 5,42 milliards de dollars.

Le marché a connu un boom exceptionnel en 2012 avec plus de 600.000 véhicules importés pour 7 milliards de dollars.

L'objectif de l'usine Renault d'Oued Tlelat n'est pas le même que celui du site de Tanger, au Maroc voisin, qui a produit 100.000 véhicules en 2013, à 90% pour l'exportation.En sortent des Dacia Lodgy, Dokker et Sandero.

Après l'inauguration de l'usine d'Oued Tlelat, les délégations des deux pays ont réuni à huis clos le deuxième comité mixte économique franco-algérien (COMEFA).

La rencontre devait être l'occasion d'échanger sur les coopérations et projets bilatéraux dans le domaine des infrastructures et des transports, de la construction, du logement, du tourisme et de l'énergie.

L'entourage d'Emmanuel Macron avait noté auparavant "l'importance de cette réunion du COMEFA qui a vocation à préparer le comité interministériel de haut niveau (CIHN) qui sera présidé par les Premiers ministres français et algérien le 4 décembre à Paris".

Avec 5,9 milliards d'euros d'exportations en 2013, l'Algérie est le premier client de la France au Maghreb et en Afrique.La France veut reconquérir la place de premier fournisseur qui lui a été ravie par la Chine en 2012.