Zambie: la présidentielle menacée par une répression "brutale" (Amnesty)

28 juin 2021 à 15h27 par AFP

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La répression "brutale" de toute opinion dissidente menée par le président zambien, Edgar Lungu, menace le déroulement de la présidentielle en août, dans un pays où les "droits humains sont en crise", a mis en garde lundi l'ONG Amnesty international.

La Zambie votera le 12 août pour des élections présidentielle et législatives. A 64 ans, l'actuel président est candidat à un second mandat controversé.Dans un rapport, Amnesty international énumère des cas de violations des libertés ces dernières années, incluant l'emprisonnement de figures de l'opposition et la fermeture de médias indépendants. Selon l'ONG, au moins cinq personnes ont été tuées dans des violences policières, depuis que M. Lungu est au pouvoir.Pointant "une répression de plus en plus brutale des droits humains", le directeur régional d'Amnesty, Deprose Muchena, a estimé dans un communiqué qu'"il est devenu dangereux de dénoncer la corruption ou des abus du gouvernement".Les opposants sont "intimidés et harcelés" et certaines manifestations ont été réprimées avec "une force létale", a-t-il rappelé. En décembre, lors d'une manifestation en soutien au principal opposant, Haikainde Hichilema, arrêté plusieurs fois depuis le dépôt officiel de sa candidature à la présidentielle, deux personnes ont été tuées par des tirs de la police à Lusaka.Le commissaire qui a ordonné les tirs n'est toujours pas poursuivi, selon l'ONG, qui appelle les autorités à respecter "les droits de l'homme avant, pendant et après l'élection du 12 août" et "mettre fin à l'impunité".Sollicité par l'AFP, le gouvernement n'a pas fait de commentaire.Edgar Lungu a été élu en 2016, à l'issue d'un scrutin dont les résultats ont été contestés par l'opposition.Petit pays pauvre et enclavé d'Afrique australe, qui compte 17 millions d'habitants, la Zambie est en grandes difficultés financières. Sa dette extérieure est estimée à près de 10 milliards d'euros.