Nigeria: des jihadistes revendiquent une attaque meurtrière dans un bar

AFRICA RADIO

21 avril 2022 à 12h51 par AFP

Des jihadistes affiliés au groupe Etat islamique ont revendiqué une attaque meurtrière à la bombe dans un bar de l'est du Nigeria, en dehors de leur zone traditionnelle d'opérations du nord-est.

Mardi, l'explosion d'une bombe dans un bar très fréquenté par des chrétiens dans l'Etat de Taraba a fait 3 morts et 19 blessés graves, selon un premier bilan de la police. Mais le porte-parole de la police de l'État de Taraba, Usman Abdullahi, a déclaré à l'AFP jeudi que trois des blessés étaient décédés, portant le bilan à six morts. Dans un communiqué publié mercredi soir, l'État islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) a affirmé avoir déclenché un engin explosif dans un bar, "tuant et blessant 30 chrétiens". Cette attaque, explique le communiqué de l'Iswap, a été menée en représailles à la mort de deux dirigeants du groupe, selon la traduction de l'ONG américaine SITE Intelligence qui recense les attaques jihadistes dans le monde. L'armée nigériane a récemment annoncé avoir tué plusieurs commandants du groupe jihadiste dans des raids aériens dans la région du lac Tchad. L'Iswap est une branche dissidente de Boko Haram ayant fait scission en 2016. Affilié à l'EI, l'Iswap est devenu le groupe jihadiste dominant dans le nord-est du Nigeria depuis la mort du chef du rival Boko Haram, Abubakar Shekau, en mai 2021 dans un affrontement avec les combattements de l'Iswap. L'Etat de Taraba, situé dans le centre-est du Nigeria, à des centaines de kilomètres plus au sud de la zone d'opérations de l'Iswap, n'avait enregistré aucune attaque jihadiste depuis 2014. Mais cet Etat est, comme la plupart des Etats du centre et du nord-ouest du pays, le théâtre de bandes criminelles lourdement armées qui attaquent les villages, pillent, kidnappent et tuent les habitants. Principalement motivés par l'argent, ces "bandits" agissent, eux, sans affiliation idéologique même si des soupçons d'alliances avec des jihadistes se font jour. Les forces armées du pays le plus peuplé d'Afrique combattent l'insurrection jihadiste dans le nord-est du pays depuis 2009, un conflit qui a fait plus de 40.000 morts et deux millions de déplacés.