Nord du Burkina: 16 morts dans une attaque contre un détachement militaire

AFRICA RADIO

8 avril 2022 à 16h06 par AFP

Douze soldats et quatre supplétifs de l'armée ont été tués vendredi dans une attaque de jihadistes présumés contre un détachement militaire dans le nord du Burkina Faso, selon un bilan de l'Etat-major des armées.

Un précédent bilan communiqué par une source locale faisait état d'au moins 12 soldats tués. "Ce vendredi 8 avril 2022, une attaque complexe a visé le détachement militaire de Namissiguima aux environs de 5 heures du matin. Le bilan provisoire établi à l'issue des combats fait état de 12 militaires et 4 VDP (Volontaires pour la défense de la patrie) tombés", précise le communiqué qui évoque également "21 militaires blessés". Les VDP, supplétifs civils de l'armée mal formés et mal armés, paient un lourd tribut à la lutte antijihadiste au Burkina Faso. Une source locale avait indiqué auparavant à l'AFP qu'un "nombre très important d'hommes armés, certainement des terroristes membres du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, ou Jnim en arabe), qui écument la zone" avaient attaqué ce détachement militaire, dans la province du Sanmatenga (nord). Cette source évoquait "une attaque en représailles à une opération militaire ayant permis de tuer plusieurs dizaines de terroristes", dans la zone proche de Barsalogho, la semaine dernière. "Plusieurs combattants avaient également été capturés par l'armée lors de ces opérations, ce qui peut justifier cette offensive sur le detachement pour leur libération", selon cet ancien élu local. Une source sécuritaire a également confirmé que des opérations contre les jihadistes étaient menées "depuis quelques temps" dans la zone et dans d'autres régions du pays. Comme ses voisins malien et nigérien, le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des mouvements armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda - dont le GSIM - et au groupe Etat islamique qui ont fait plus de 2.000 morts et 1,8 million de déplacés. Le nouveau chef de l'Etat, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrivé au pouvoir par un putsch fin janvier qui a renversé le président élu Roch Marc Christian Kaboré accusé d'être inefficace face à la violence jihadiste, a fait de la question sécuritaire sa "priorité". Après une relative accalmie lors de sa prise de pouvoir, le chef de l'Etat fait face depuis quelques semaines à une recrudescence d'attaques de jihadistes présumés qui ont fait près de 100 morts, civils et militaires. M. Damiba a annoncé la semaine dernière la création de comités locaux de dialogue avec les groupes armés jihadistes pour tenter d'endiguer la spirale de violences attribuées aux jihadistes.