Opérations militaires RDC-Ouganda: nouveaux tirs d'armes lourdes (habitants)

Par AFP

AFRICA RADIO

De nouvelles détonations d'armes lourdes ont été entendues mardi dans la région de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo, où l'armée ougandaise a pilonné il y a deux semaines des fiefs supposés des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).

"C'est aux environs de 5h30 (3h30 GMT) que nous avons entendu des détonations des bombes tirées à partir de l'Ouganda", a déclaré à l'AFP Tony Kitambala, journaliste basé dans la localité de Kamango (Nord-Kivu) près de la frontière avec l'Ouganda. "Ces tirs se sont passés exactement comme ceux du 30 novembre qui ont marqué le début des opérations de l'armée ougandaise sur le sol congolais. Depuis 7h00 (5h00 GMT) les tirs ont cessé", a-t-il expliqué. Des rebelles ADF ont érigé leurs bases dans cette zone située à l'est de la route nationale N°4, aux confins des provinces de l'Ituri (nord-est) et du Nord-Kivu (est), où ils occupent plusieurs villages près du parc national des Virunga, notamment Mulango, Tondoli, Ibanda Semuliki et Batonga, selon des déplacés et la société civile locale. "Le plus grand bastion des terroristes ADF situé à Batonga est en cours de destruction par les forces de la coalition FARDC (Forces armées de la RDC)- UPDF (Uganda people defense force)", s'est réjoui le député national Crispin Mbindule, natif de cette zone. Les armées congolaise et ougandaise, qui sont en opérations conjointes contre les ADF, n'ont pas communiqué sur ces bombardements. Le 30 novembre, des positions ADF dans le parc de Virunga avaient été pilonnées par l'armée ougandaise en accord avec les autorités congolaises. Des forces terrestres ougandaises sont ensuite entrées en territoire congolais. Les ADF sont accusés par Kampala d'être responsables de récents attentats sur son sol revendiqués par l'organisation jihadiste État islamique (EI), qui présente ce groupe comme sa province en Afrique centrale (ISCAP). Implantés depuis 1995 dans l'est de la RDC, près de la frontière ougandaise, les ADF y sont considérés comme le plus meurtrier des groupes armés sévissant dans l'Est, responsables du massacre de milliers de civils.