Ouganda: deux condamnations après des violences policières fin 2020

Par AFP

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Deux membres des forces de sécurité ougandaises ont été lourdement condamnés pour leur participation à des violences lors desquelles une cinquantaine de personnes sont mortes en novembre 2020 en marge d'une arrestation de l'opposant Bobi Wine, a déclaré jeudi une porte-parole de l'armée.

Ces condamnations interviennent quelques jours après l'annonce par les Etats-Unis de sanctions contre le chef du renseignement militaire ougandais, soupçonné de graves violations des droits de l'homme. Les deux accusés, un soldat et un membre d'une unité locale de défense, sont respectivement condamnés à la prison à vie et à 35 ans d'enfermement, pour "le meurtre de trois civils", a déclaré à l'AFP Flavia Byekwaso, la porte-parole de l'armée. "Leur jugement (...) s'inscrit dans la directive du président de faire personnellement rendre des comptes à ceux qui ont été impliqués dans le meurtre de gens lors des émeutes de novembre 2020 afin que les familles touchées aient droit à la justice", a-t-elle ajouté. Les deux condamnés, qui plaidaient coupable, ont 14 jours pour faire appel, a-t-elle précisé. La porte-parole a affirmé que cette condamnation "n'était pas liée" aux récentes sanctions américaines. Le Trésor américain a annoncé mardi des sanctions contre le chef du renseignement militaire, le général de division Abel Kandiho, en raison de son implication présumée et de celle de ses services dans de graves violations des droits de l'homme, notamment des passages à tabac, des agressions sexuelles et des électrocutions. L'armée ougandaise s'est dit "déçue" par cette initiative. En novembre 2020, au moins 56 personnes avaient été abattues alors qu'elles protestaient contre une énième arrestation du principal opposant politique au président Yoweri Museveni, Bobi Wine, qui allait l'affronter quelques semaines plus tard dans les urnes. En janvier 2021, M. Museveni avait été réélu, après un cycle électoral parmi les plus sanglants de l'histoire récente de l'Ouganda. En août, ce dernier a tancé l'armée et la police pour leur brutalité, pointant "l'indiscipline" et "la paresse" des forces de sécurité comme cause des incidents qui ont provoqué la mort de civils.