Plus de 300 civils tués par des bombardements aériens en trois mois en Ethiopie, selon l'ONU

AFRICA RADIO

7 mars 2022 à 18h51 par AFP

Plus de 300 civils ont été tués depuis fin novembre dans une séries de bombardements aériens dans le nord en guerre de l'Ethiopie, particulièrement dans la région du Tigré, a indiqué lundi la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits humains.

S'exprimant devant le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, Michelle Bachelet a indiqué que la situation en termes de droits et de sécurité s'étaient "significativement détériorée" depuis la fin novembre. Le Haut-Commissariat aux droits humains "a continué de recevoir des informations sur des violations grave et à grande échelle des droits humains dans le contexte de l'extension du conflit dans les régions de l'Afar et de l'Amhara, ainsi qu'au Tigré", a fait savoir Mme Bachelet dans son allocution sur les développements dans le pays entre le 22 novembre et le 28 février derniers. Elle a fait part de son inquiétude particulière sur le nombre important de bombardements menés par les Forces aériennes éthiopiennes, principalement au Tigré mais aussi en Afar voisine. Le Haut-Commissariat a enregistré "304 morts et 373 blessés dans des bombardements aériens durant la période mentionnée", a-t-elle indiqué, soulignant que des attaques contre des civils et des cibles civiles avaient été également perpétrées par d'autres parties au conflit, dont les rebelles tigréens du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF). Ils ont utilisé de l'artillerie lourde contre plusieurs zones de l'Afar, le 24 janvier, a-t-elle noté, ajoutant que "des sources crédibles indiquent qu'il y a eu des victimes civiles". Le conflit au Tigré a commencé en novembre 2020, quand le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed y a envoyé l'armée fédérale destituer les autorités régionales, issues du TPLF, parti qui a détenu les leviers du pouvoir à Addis Abeba entre 1991 et l'arrivée de M. Abiy en 2018 et qui contestait son autorité depuis plusieurs mois. Le conflit a fait des milliers de morts, déplacé des millions de personnes et en a mené des centaines de milliers au bord de la famine, selon l'ONU. Mme Bachelet a également tiré la sonnette d'alarme au vu des nombreuses informations sur des viols et des violences sexuelles: entre le 1er novembre et le 5 décembre seulement, "306 viols perpétrés par les forces tigréennes dans la région de l'Amhara" ont été rapportés au bureau des droits de l'ONU. Elle a aussi fait état des "dégâts importants sur les écoles et les structures de santé dans les régions de l'Amhara et de l'Afar, après des actions des forces progouvernementales contre les forces tigréennes". "Les hostilités continuent de bloquer la fourniture d'aide humanitaire au Tigré", a-t-elle rappelé, exhortant "toutes les parties à permettre un accès humanitaire illimité aux zones touchées".