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Procès pour trafic d'organes à Londres: la victime présumée raconte avoir craint pour sa vie

Victime présumée dans une affaire de trafic d'organes impliquant un influent sénateur nigérian, un jeune vendeur de rue a affirmé mardi devant la justice à Londres avoir supplié la police britannique de lui "sauver la vie" après avoir échappé à une greffe de rein.

AFRICA RADIO

21 février 2023 à 16h51 par AFP

Le jeune homme de 21 ans originaire de Lagos accuse Ike Ekweremadu, ancien vice-président du Sénat nigérian et sa femme Beatrice de l'avoir emmené au Royaume-Uni pour lui faire retirer un rein afin qu'il soit greffé à leur fille Sonia, 25 ans. Le couple a plaidé non-coupable, tout comme leur fille et un médecin également jugés devant la cour criminelle de l'Old Bailey à Londres depuis début février. Les quatre accusés encourent la prison à vie, formellement accusés dans le cadre du Modern Slavery Act de complot pour avoir organisé le voyage d'un tiers en vue de son exploitation. Racontant son parcours, la victime présumée a indiqué aux jurés mardi qu'il avait dormi dehors pendant trois jours après que des médecins londoniens lui ont expliqué qu'il était là pour une greffe de rein. Il a fini par se rendre à la police en mai 2022, "à la recherche de quelqu'un pour (lui) sauver la vie". Il a affirmé qu'il pensait qu'on l'avait fait venir au Royaume-Uni uniquement pour travailler et ne s'est rendu compte qu'une fois face aux médecins britanniques qu'il s'agissait d'une transplantation d'organe. "Personne ne m'avait dit quoique ce soit sur une greffe de rein", a-t-il affirmé, expliquant qu'on lui avait promis quelque 2.000 livres (2.260 euros) pour l'opération et qu'on l'avait entraîné à mentir aux médecins. Au Royaume-Uni, il est légal de donner un rein de manière totalement altruiste mais illégal de le faire pour une "récompense". La question du consentement du donneur dans cette affaire ne change rien puisque selon la loi, "nul ne peut consentir à sa propre exploitation criminelle". Ike Ekweremadu, influente personnalité au Nigeria, a été élu pour la première fois au Sénat en 2003. Les accusations dont il fait l'objet ont fait grand bruit dans les médias nigérians et sur les réseaux sociaux, certains exprimant leur soutien tandis que d'autres s'indignent des faits reprochés et demandent la suspension du parlementaire. Il reste en détention le temps du procès, qui doit encore durer plusieurs semaines. Sa femme et sa fille sont en liberté conditionnelle.