Procès Sankara au Burkina: les avocats du général Diendéré plaident l'acquittement

AFRICA RADIO

24 mars 2022 à 17h51 par AFP

Les avocats du général Gilbert Diendéré, l'un des principaux accusés au procès des assassins présumés de l'ancien président Thomas Sankara en 1987, poursuivi notamment pour "attentat à la sûreté de l'Etat", ont demandé son acquittement jeudi.

Ses avocats ont estimé que "les infractions ne sont pas constituées" et que le parquet ne dispose d'"aucune preuve irréfutable" de sa culpabilité. "Si la preuve de la culpabilité n'est pas établie, on acquitte", a plaidé l'un d'eux, Me Abdoul Latif Dabo, invitant les juges à "ne pas écouter la haine" mais user de leur "impartialité" pour rendre leur décision. M. Diendéré est également poursuivi pour "complicité d'assassinats", "recel de cadavre" et "subornation de témoins". "Nous partageons la douleur des familles des victimes, leur colère. Mais il ne faut pas juger trop vite même si les maîtres de l'opinion ont déjà jugé le général Diendéré coupable et l'ont déjà même exécuté", a déclaré un autre avocat, Me Olivier Yelkouni. Le général Gilbert Diendéré, 61 ans, était l'un des principaux chefs de l'armée lors du putsch de 1987, fatal à Thomas Sankara. Il purge déjà une peine de 20 ans de prison pour une tentative de coup d'Etat en 2015. Lors de sa déposition à la barre, début novembre 2021, le général Gilbert Diendéré avait plaidé "non coupable" pour l'ensemble des quatre chefs d'accusation. Quatorze accusés sont jugés dans le procès des assassins de Thomas Sankara et de ses compagnons dans un coup d'Etat en 1987. M. Dienderé est le principal accusé présent au tribunal militaire de Ouagadougou, en l'absence de l'ancien président Blaise Compaoré, porté au pouvoir par le putsch et soupçonné d'être le commanditaire de l'assassinat ainsi que de Hyacinthe Kafando soupçonné d'avoir mené le commando de l'assassinat. Le parquet militaire a requis début février trente ans de prison ferme à leur encontre pour "attentat à la sûreté de l'Etat", "recel de cadavre" et "complicité d'assassinat". Vingt ans de prison ont été requis contre le général Gilbert Diendéré, une réquisition jugée "inique" par ses avocats. Commencées fin octobre, les audiences de ce procès historique ont été plusieurs fois suspendues, notamment au moment du coup d'Etat du 24 janvier au cours duquel le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba a renversé le président élu Roch Marc Christian Kaboré.