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RDC: l'ONU dénonce la "stigmatisation" de ses Casques bleus

L'émissaire de l'ONU en République démocratique du Congo a dénoncé vendredi devant le Conseil de sécurité les récentes violences contre la mission de l'ONU dans le pays, visée par des "manipulations et des stigmatisations".

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30 septembre 2022 à 17h36 par AFP

"Au cours des derniers mois, dans le sillage de la résurgence du M23 (mouvement rebelle, ndlr), la crise de confiance que connaissaient déjà la mission et la population congolaise dans l'est du pays s'est détériorée", a déclaré Bintou Keita, également cheffe de cette mission de maintien de la paix Monusco. "Cette situation a offert un terreau fertile aux manipulations et stigmatisations contre la Monusco, menant à de nouvelles manifestations violentes et à de graves incidents causant la mort de plusieurs dizaines de manifestants et de quatre personnels de la mission", a-t-elle ajouté, condamnant "fermement les actes d'incitation à la haine, à l'hostilité et à la violence". Fin juillet, des manifestants en colère avaient saccagé et pillé des installations de la Monusco. La mission, l'une des plus importantes de l'ONU dans le monde avec quelque 14.000 militaires, est notamment accusée d'inefficacité dans la lutte contre les groupes armés. "Suite à ces incidents, le président (de la RDC, Félix) Tshisekedi a instruit son gouvernement à réévaluer le plan de transition afin d'accélérer le départ de la Monusco. Nous sommes pleinement disposés à travailler étroitement avec le gouvernement à cet effet", a indiqué Bintou Keita. Après avoir amorcé un désengagement fin 2020, le Conseil de sécurité avait renouvelé fin 2021 pour un an le mandat des Casques bleus en RDC, en leur demandant de se concentrer sur le nord-est. La cheffe de la Monusco s'est d'autre part inquiétée que les "groupes armés continuent à faire peser une menace importante et à commettre des violences contre les civils" dans l'est du pays, citant notamment le M23 et les miliciens Codeco (Coopérative pour le développement du Congo) et Maï-Maï. "Cette insécurité alimente les violations des droits humains et a accentué une situation humanitaire déjà terrible", a-t-elle souligné, notant que 27 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire. "Indicateur clair de la détérioration de la situation: l'augmentation du nombre de déplacés depuis janvier 2022, qui porte le nombre total de déplacés à 5,5 millions, l'un des plus importants en Afrique".