RDC: six civils tués dans l'est, près de 750 morts en quatre mois

16 septembre 2021 à 13h51 par AFP

AFRICA RADIO

Six civils ont été tués dans un nouveau massacre attribué aux Forces démocratiques alliées (ADF), ont indiqué jeudi des sources locales dans l'est de la République démocratique du Congo où, selon Human Rights Watch (HRW), près de 750 civils ont été tués en quatre mois.

Les "six civils (cinq hommes et une femme) ont été tués dans une attaque menée par des ADF" dans la nuit de mercredi à jeudi dans la chefferie de Bushu dans le territoire de Beni, province du Nord-Kivu, a déclaré à l'AFP Roger Mumbere Wangeve, président de la société civile locale. Trois autres personnes ont été blessées, a-t-il ajouté, accusant l'armée de n'être pas intervenue pour empêcher la tuerie. Le bilan de six morts a également été avancé par l'ancien gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita, sur Twitter. La province troublée du Nord-Kivu comme celle voisine de l'Ituri sont placées sous le régime exceptionnel de l'état de siège depuis le mois de mai, dans l'objectif de mettre fin aux activités des groupes armés, notamment les ADF. A la tête de ces provinces, des officiers militaires et de la police ont remplacé les autorités civiles. Mais "les massacres se poursuivent en dépit de l'état de siège", a déploré l'ONG américaine HRW, indiquant qu'"au moins 739 civils ont été tués" dans ces deux provinces congolaises. "Le nombre de civils tués dans les attaques est en grande partie resté inchangé", ajoute HRW. "Bien que le gouvernement s'efforce de dépeindre ses actions en succès militaires, bon nombre d'habitants de l'est de la RD Congo vivent toujours dans la peur constante du prochain massacre", a estimé Thomas Fessy, chercheur principal sur la RDC au sein de HRW. Du 6 mai au 10 septembre, "divers groupes armés - dont certains restent non-identifiés - ont tué au moins 672 civils et les forces de sécurité congolaises en ont tué 67 autres, dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu", écrit HRW dans un communiqué, citant "les données recueillies par le Baromètre sécuritaire du Kivu, une initiative conjointe de Human Rights Watch et du Groupe d'étude sur le Congo". De la centaine de groupes armés actifs dans la région orientale de la RDC, les ADF sont présentés comme les plus meurtriers. A l'origine des rebelles musulmans ougandais, ils sont maintenant présentés par l'organisation jihadiste État islamique (EI) comme sa branche en Afrique centrale.