RDC: Tshisekedi dénonce "des complicités" entre des officiers et une milice en Ituri

AFRICA RADIO

13 mai 2022 à 14h51 par AFP

Le président congolais Félix Tshisekedi a dénoncé "des complicités" entre des officiers et le groupe armé "Coopérative pour le développement du Congo" (Codeco) responsable des derniers massacres en Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo), a-t-on appris vendredi de la télévision publique, RTNC.

Le chef de l'État s'exprimait jeudi devant des dizaines d'officiers de l'armée et de la police à l'ouverture d'un séminaire sur "l'éthique et la déontologie militaire" au sein des Forces armées de la RDC (FARDC), 5 jours après le massacre d'au moins une cinquantaine de civils dans le territoire de Djugu en Ituri. "Soit notre armée est incapable, ou alors ces bandits de Codeco, un conglomérat de malfaiteurs, bénéficient de complicités au sein de nos forces armées. Ce n'est pas acceptable", a dénoncé le président Tshisekedi, ajoutant que "nous devons rechercher ceux qui sont responsables de ces malheurs". Actuellement, neuf officiers congolais sont jugés à Bunia en Ituri, pour avoir vendu des munitions de guerre au groupe armé Codeco qu'ils sont censés combattre. "C'est la première fois (dans l'histoire) qu'on a autant dépensé pour notre armée", a indiqué le président Tshisekedi. Mais "ma déception est de voir que malgré tous les efforts, les résultats sécuritaires ne sont pas à la hauteur des financements engagés". Le chef de l'État n'a pas révélé la hauteur des moyens financiers mis à la disposition de l'armée dans le cadre de l'état de siège en l'Ituri et au Nord-Kivu où des officiers disposent des pleins pouvoirs depuis plus d'un an pour combattre les groupes armés, sans parvenir à mettre fin aux massacres. Mardi, 14 déplacés dont neuf enfants, ont été tués dans une attaque attribuée aux miliciens Codeco. Dans la nuit de samedi à dimanche, ces miliciens sont accusés d'avoir massacré au moins 35 civils dans une mine d'or artisanale. "J'en ai assez qu'il ne se passe pas un jour sans que nous comptions des victimes. On ne peut pas continuer de compter les morts", a martelé M. Tshisekedi à l'endroit des officiers.