RDC: un frère de l'épouse Tshisekedi accusé de spoliation d'une concession catholique

AFRICA RADIO

19 juillet 2022 à 17h06 par AFP

Des représentants de l'Église catholique de Kinshasa ont accusé un frère de l'épouse du président Félix Tshisekedi d'avoir spolié une de ses concessions accueillant un important séminaire, lors d'une conférence de presse sur place mardi.

"Nous avons le titre de propriété" de cette concession d'environ 9 hectares depuis l'époque coloniale et "en 2019, il y a un groupe de gens qui débarquent ici pour prétendre qu'une partie de la concession leur appartiendrait. Ce qui est faux", a expliqué l'abbé Christian Ngazin, recteur du grand séminaire théologique Saint-Jean XXIII, à l'ouest de Kinshasa. "Hier (lundi), ils sont venus, il ont cassé la porte, violenté les agents commis à la sécurité et commencé les travaux. Ils sont venus sous le mandat de monsieur John Nyakeru", ambassadeur de la RDC au Kenya et frère de l'épouse du chef de l'État, Denise Nyakeru, a-t-il ajouté. "C'est du banditisme d'État". "Ce terrain appartient depuis l'époque coloniale à l'archidiocèse de Kinshasa (...) Nous voulons qu'il vienne avec ses titres de propriété", a déclaré le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa qui était accompagné du conservateur des titres fonciers, mandaté par le ministre des Affaires foncières. Les relations entre l'Église catholique et les différents dirigeants qui se sont succédé à la tête de la RDC ont toujours été en dents de scie depuis l'époque du dictateur Mobutu Sese Seko ainsi que sous les Kabila père et fils. "Ce site a été loti en 2019, ce qui veut dire qu'il y a des titres aux noms de tierces personnes et tout d'un coup l'Église estime qu'il lui appartient. C'est une prétention, c'est son droit", a déclaré à l'AFP Me Katako Okito qui se présente comme avocat de la partie adverse sans citer le nom de son client. "Le cadastre est là, la justice est là, si l'église se sent [lésée], elle n'a qu'à aller en justice contre mes clients", a ajouté l'avocat. "Nous sommes prêts à aller en justice pour récupérer notre bien", a indiqué Mgr Carlos Ndaka, évêque auxiliaire de Kinshasa devant des dizaines des séminaristes et prêtres, de policiers et de quelques représentants de la partie adverse.