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Scandale de corruption: un eurodéputé belge présenté au juge d'instruction

L'eurodéputé belge Marc Tarabella a été présenté samedi à un juge d'instruction à Bruxelles en vue d'une possible inculpation dans l'enquête sur des soupçons de corruption au sein du Parlement européen impliquant le Qatar et le Maroc, a indiqué à l'AFP le parquet fédéral.

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11 février 2023 à 12h36 par AFP

Dans la même enquête, un autre eurodéputé socialiste, l'Italien Andrea Cozzolino, également privé de son immunité le 2 février, a été arrêté en Italie, a confirmé un porte-parole du parquet. "Il était visé par un mandat d'arrêt international, il a été arrêté et on attend son extradition", a déclaré ce porte-parole, Eric van der Sijpt. MM. Tarabella (59 ans) et Cozzolino (60), collègues du groupe Socialistes & Démocrates au Parlement, sont soupçonnés d'avoir favorisé l'ingérence du Qatar et du Maroc dans les décisions de l'institution. Ils ont tous deux été interpellés vendredi. Le premier l'a été à son domicile d'Anthisnes, dans la région de Liège (est de la Belgique), où plusieurs perquisitions ont eu lieu vendredi matin ciblant notamment un coffre bancaire lui appartenant et des bureaux de sa mairie, selon le parquet. Le second a été arrêté à Naples (sud de l'Italie), en sortant d'une clinique où il avait subi des examens médicaux, avait indiqué vendredi l'agence de presse italienne Ansa. Le nom de Marc Tarabella, élu passionné de football qui s'est beaucoup exprimé au Parlement européen sur le sujet de l'organisation du Mondial-2022 par le Qatar, était apparu très tôt quand ce scandale a éclaté le 9 décembre. Dès le lendemain, le 10 décembre, son domicile avait été perquisitionné. Mais aucun argent liquide n'avait été découvert, et il n'avait pas été interpellé. La justice belge a dû attendre la fin de la procédure de levée d'immunité au Parlement pour envisager toute mesure coercitive. Actuellement, trois personnes sont incarcérées dans ce dossier: l'eurodéputée grecque Eva Kaili, déchue en décembre de sa fonction de vice-présidente du Parlement, ainsi que son compagnon l'assistant parlementaire Francesco Giorgi, et l'ancien eurodéputé Pier Antonio Panzeri, lui aussi italien. Ce dernier a reconnu avoir orchestré la fraude. Selon la presse belge, M. Panzeri a mis en cause M. Tarabella devant les enquêteurs en décembre peu après son interpellation à Bruxelles. Il a affirmé lui avoir versé "entre 120.000 et 140.000 euros" en plusieurs fois pour son aide dans les dossiers liés au Qatar. Marc Tarabella a nié toute malversation, et réclamé de pouvoir être entendu pour s'expliquer. En Belgique, le juge d'instruction dispose d'un délai de 48 heures après l'interpellation pour décider d'un éventuel placement en détention provisoire.