Soudan: 11 morts dans des heurts tribaux au Darfour

AFRICA RADIO

24 décembre 2022 à 14h36 par AFP

Des affrontements tribaux au Darfour ont fait au moins 11 morts dans cette vaste région de l'ouest du Soudan ravagée par un conflit, a indiqué samedi une source médicale.

Khartoum (AFP)

Les heurts ont éclaté mercredi entre des tribus arabes pastorales et des tribus africaines dans une municipalité proche de Nyala, la capitale de l'Etat du Darfour-Sud, ont rapporté des témoins.

L'origine des affrontements n'a pas pu être établie dans l'immédiat.

"Le nombre de corps arrivant à l'hôpital atteint 11", a déclaré à l'AFP une source médicale de l'hôpital de Nyala.

Mais le nombre de morts "est probablement beaucoup plus élevé car les combats se poursuivent", a observé Adam Regal, porte-parole de la Coordination générale pour les réfugiés et les déplacés au Darfour.

L'agence de presse officielle Suna avait auparavant fait état de sept morts.

Des hommes "à dos de chameaux et à moto ont lancé une attaque contre le village d'Amouri, ce dernier a été incendié et quatre personnes ont été tuées", a indiqué l'agence, ajoutant que deux autres personnes avaient été tuées mercredi et jeudi.

Une autre personne a été tuée et le conflit s'est propagé dans les villages avoisinants, dont beaucoup sont "partiellement incendiés" et leurs commerces "pillés", selon l'agence qui cite un communiqué gouvernemental.

Des forces de sécurité ont été dépêchées dans la zone pour contenir la violence, indique encore l'agence.

Par ailleurs, des centaines de manifestants se sont rassemblés contre les violences devant un bâtiment du gouvernement à Nyala, selon des témoins.

Un accord signé plus tôt dans le mois entre militaires au pouvoir et groupes civils censé sortir le pays d'un an de crise politique a ��té accueilli avec scepticisme car jugé "vague" et "opaque" par des analystes et militants prodémocratie.

Depuis le putsch du chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, en octobre 2021, les conflits tribaux ont explosé en raison du vide sécuritaire créé par le coup d'Etat, d'après des experts.

Une guerre déclenchée en 2003 au Darfour entre le régime à majorité arabe d'Omar el-Béchir et des rebelles issus de minorités ethniques dénonçant des discriminations a fait au moins 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés, essentiellement durant les premières années du conflit, selon l'ONU.

M. Béchir, aujourd'hui en prison, a été déchu en 2019 sous la pression de la rue et de l'armée.

Le Darfour reste régulièrement secoué par des violences, notamment entre tribus rivales.Elles sont entre autres provoquées par des disputes territoriales et des difficultés d'accès à l'eau.