Tchad: le dialogue junte/rebelles fixé au 13 mars à Doha

AFRICA RADIO

3 mars 2022 à 19h21 par AFP

Les négociations entre la junte militaire au Tchad et de nombreux groupes rebelles, qui devaient s'ouvrir le 27 février à Doha au Qatar, sont reportées au 13 mars, selon un communiqué du comité organisateur publié jeudi.

Ce "pré-dialogue" est une tentative de réconciliation entre les groupes armés et le régime de Mahamat Idriss Déby Itno, qui a pris le pouvoir à la tête d'un Conseil Militaire de Transition (CMT) de 15 généraux dès l'annonce de la mort de son père le président Idriss Déby Itno, tué au front par des rebelles il y a dix mois. "L'organisation d'une rencontre de telle envergure est un défi qui nécessite la prise en compte de plusieurs facteurs propres au pays hôte, le Qatar et les différentes parties prenantes", a justifié Mahamat Allamine Bourma Treye, chargé de communication du Comité technique spécial (CTS). "Après de nombreux échanges et concertations, les autorités qataries et tchadiennes ont convenu des dispositions et de l'organisation logistique nécessaires au bon déroulement du pré-dialogue prévu à Doha. Des solutions ont été apportées aux problèmes logistiques et de coordination entre les autorités tchadiennes et les autorités qataries", poursuit-il. Le 20 avril 2020, en annonçant la mort du Maréchal Déby, qui avait dirigé le Tchad d'une main de fer 30 années durant, la junte avait immédiatement dissout le Parlement, limogé le gouvernement et abrogé la Constitution. Elle avait promis le même jour "des élections libres et démocratiques" dans un délai de 18 mois, renouvelable une fois, au terme d'un "Dialogue national inclusif", déjà retardé de trois mois, au 10 mai. Le retard du "pré-dialogue" de Doha, préalable des autorités pour l'organisation du "Dialogue national inclusif", "ne remet pas en cause la date du 10 mai", avait assuré le porte-parole du gouvernement. Le général Mahamat Déby affirme vouloir pratiquer la politique de la main tendue avec l'opposition, qu'il laisse manifester à N'Djamena contrairement à son père, et avec la rébellion qu'il veut amener au Dialogue national dans sa totalité, y compris le groupe à l'origine de la mort du maréchal Déby. Aucune attaque n'a été perpétrée par ces mouvements, qui opèrent depuis la Libye et le Soudan voisins, depuis son décès, alors que le pouvoir était auparavant régulièrement la cible d'offensives rebelles, parfois jusqu'aux portes de la capitale.