Un homme en tenue militaire tué par l'armée rwandaise à la frontière avec la RDC

AFRICA RADIO

19 novembre 2022 à 14h06 par AFP

Un homme en tenue militaire congolaise a été tué par balles dans la nuit de vendredi à samedi à la frontière entre la République démocratique du Congo et le Rwanda par une patrouille rwandaise, en plein regain de tension entre les deux pays, a-t-on appris de sources concordantes.

L'incident s'est produit du côté rwandais de la frontière au niveau de la "petite barrière", un des deux postes frontières reliant la grande ville congolaise de Goma (est de la RDC) à celle de Gisenyi au Rwanda, ont indiqué des sources congolaises sur place. Samedi matin, l'armée rwandaise a annoncé dans un communiqué qu'un "soldat non identifié, appartenant apparemment aux Forces armées de RDC (FARDC), a traversé la frontière (...) et commencé à tirer vers des tours de garde de l'armée rwandaise". "Une patrouille rwandaise l'a abattu avant qu'il ne fasse des victimes", ajoute le texte. A la mi-journée, une équipe de l'AFP a vu dans le no man's land entre les frontières congolaise et rwandaise une délégation du Mécanisme de vérification conjoint élargi (MCVE), organisme régional qui surveille et mène des enquêtes sur les incidents de sécurité dans la région volatile des Grands Lacs. Des autorités congolaises présentes sur place ont ensuite indiqué, sous couvert d'anonymat, que l'homme abattu était à ce stade inconnu. Selon elles, aucun militaire congolais en faction dans le secteur dans la nuit ne manquait samedi matin à l'appel. "Dans la nuit, il y a eu beaucoup de coups de feu", a déclaré Grâce Mbala, habitant à Goma quartier proche de la petite barrière. "On avait peur, on pensait que c'était le M23 qui rentrait", a-t-il ajouté. Samedi, le poste-frontière était calme et l'activité normale. Cette affaire survient alors que la tension est très vive entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, qui accuse Kigali de soutenir la rébellion du M23 ("Mouvement du 23 mars"), à l'offensive au nord de Goma. Ces derniers jours, la principale ligne de front est à une vingtaine de km de la ville, tandis que d'autres combats sont en cours vers la frontière ougandaise à l'est et le territoire congolais du Masisi à l'ouest. Vendredi, l'ancien président kényan Uhruru Kenyatta, "facilitateur" de l'Afrique de l'Est pour la RDC, a indiqué que le président rwandais Paul Kagame s'était joint aux appels demandant au M23 de cesser les combats et de se retirer des territoires qu'il occupe.