Un sénateur nigérian sera jugé en mai à Londres pour complot en vue de trafic d'organe

AFRICA RADIO

4 août 2022 à 12h21 par AFP

Un sénateur nigérian accusé d'avoir comploté en vue d'amener un homme au Royaume-Uni pour lui prélever un organe, sera jugé en mai prochain, selon une date fixée jeudi par la justice britannique.

Dans l'attente de son procès, Ike Ekweremadu, 60 ans, sénateur du Parti démocratique populaire (PDP, opposition) et ancien chef adjoint du Sénat, reste en détention. Il a comparu jeudi lors d'une audience préliminaire à la cour criminelle de l'Old Bailey à Londres par vidéoconférence depuis la prison de Wandsworth, dans le sud de Londres, où il est détenu. Vêtu d'un T-shirt rouge, il n'a pris la parole que pour confirmer son nom. M. Ekweremadu et son épouse Beatrice Nwanneka Ekweremadu, 55 ans, ont été inculpés en juin de complot pour organiser et/ou faciliter le voyage d'une personne en vue de son exploitation, dans ce cas le prélèvement d'organes. Ces inculpations ont fait suite à une enquête de la police métropolitaine de Londres, alertée en mai de potentielles infractions à la législation sur l'esclavage. Selon l'accusation, le couple voulait prélever le rein d'un jeune homme de 21 ans pour qu'il soit greffé à leur fille. L'homme aurait refusé de consentir à la procédure après avoir subi des examens médicaux au Royal Free Hospital de Hampstead (nord-ouest de Londres) et aurait prévenu la police. Un autre homme, Obinna Obeta, un médecin de 50 ans du sud de Londres, a lui aussi été arrêté et a comparu par liaison vidéo depuis la prison de Belmarsh, au sud-ouest de Londres, où il est incarcéré. Il a été maintenu en détention. Beatrice Ekweremadu, qui avait été libérée sous caution, s'est assise sur le banc des accusés vêtue d'un pantalon noir, d'un cardigan et d'un foulard et n'a pris la parole que pour confirmer son nom. La galerie publique de ce tribunal de Londres était remplie de soutiens et d'observateurs, y compris des personnalités politiques venues du Nigeria. Une prochaine audience a été fixée au 31 octobre. Les accusés devront alors indiquer s'ils plaident coupables ou non. Le procès, qui devrait durer jusqu'à quatre semaines, doit débuter le 2 mai 2023. M. Ekweremadu, élu au Sénat au titre de la capitale nigériane Abuja en 2003, avait tenté de se présenter comme candidat du PDP au poste de gouverneur de l'État d'Enugu (sud-est) dont il est originaire, mais il s'est retiré après avoir échoué à obtenir le soutien du parti, ont rapporté les médias locaux. Les accusations dont il fait l'objet ont fait grand bruit dans les médias nigérians locaux et sur les réseaux sociaux, certains exprimant leur sympathie pour sa famille tandis que d'autres étaient indignés qu'un sénateur soit accusé d'avoir tenté d'enfreindre la loi britannique.