Venezuela: protestation contre l'extradition aux Etats-Unis d'un proche de Maduro

9 septembre 2021 à 20h51 par AFP

AFRICA RADIO

Les avocats d'Alex Saab, un proche du président vénézuélien Nicolas Maduro, accusé de blanchiment, ont dénoncé jeudi la décision de justice du Cap-Vert d'extrader mardi leur client vers les Etats-Unis, la qualifiant de "suicide constitutionnel".

Inculpé en juillet 2019 à Miami pour blanchiment d'argent, Alex Saab, 49 ans, avait finalement été interpellé lors d'une étape technique de son avion au Cap-Vert mi-juin 2020. Il est actuellement en résidence surveillée après six mois d'incarcération. Selon la loi, l'Etat a désormais 45 jours pour exécuter la décision la Cour constitutionnelle. "Cette décision symbolise la mort expiatoire de l'Etat de droit tant désiré par les Capverdiens" et répond "aux intérêts purement politiques d'un agenda dicté par Washington. C'est un suicide constitutionnel", affirme la défense de M. Saab dans un communiqué parvenu à l'AFP à Caracas. M. Saab est accusé par les Etats-Unis de tirer les ficelles d'un vaste réseau ayant permis au dirigeant socialiste Nicolas Maduro et à son régime de détourner à leur profit de l'aide alimentaire à destination du Venezuela. En mars, la Cour des Etats de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) avait ordonné la libération de M. Saab. Mais la Cour suprême du Cap-Vert avait validé son extradition arguant que le pays n'avait pas signé d'accord donnant une légitimité à cette cour supra-nationale. Alex Saab, qui avait introduit un recours devant la Cour constitutionnelle, dénonce une "injustice", liée à "la nature politique" de son arrestation et des poursuites intentées contre lui aux Etats-Unis. Avec son associé Alvaro Pulido, également inculpé pour blanchiment, Alex Saab aurait transféré 350 millions de dollars (285 millions d'euros) hors du Venezuela sur des comptes étrangers qu'ils possédaient ou contrôlaient. Les deux hommes encourent jusqu'à 20 ans de prison. L'opposition vénézuélienne décrit Alex Saab comme une "figure de proue" du pouvoir de Nicolas Maduro. Caracas, qui a accordé à M. Saab la nationalité vénézuélienne et le titre diplomatique d'"envoyé spécial", considère sa détention sur l'archipel africain comme "arbitraire". jt-mln-pgf/lab/fjb [object Object]