Zimbabwe: l'opposant pense pouvoir gagner la présidentielle malgré la répression

AFRICA RADIO

27 janvier 2022 à 14h06 par AFP

Après les succès historiques d'opposants en Zambie et au Malawi, le chef de l'opposition au Zimbabwe, Nelson Chamisa croit en sa victoire à la présidentielle l'an prochain malgré la répression de la part du pouvoir, a-t-il affirmé lors d'un entretien à l'AFP.

"La Zambie l'a fait. Le Malawi l'a fait. Pourquoi pas nous ?", a-t-il déclaré mercredi soir, confiant, en référence à ces deux pays d'Afrique australe où l'opposition a récemment conquis la magistrature suprême après des années d'hégémonie des partis au pouvoir. Eternel opposant, six fois candidat, Hakainde Hichilema a ainsi remporté la présidentielle zambienne en août, prouvant que "rien n'est impossible", a estimé M. Chamisa. Le Zimbabwe est gouverné par l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF) depuis son indépendance il y a 42 ans. Mais la dernière présidentielle de 2018 a été remportée de peu par son candidat Emmerson Mnangagwa face à Nelson Chamisa et son Mouvement pour le changement démocratique (MDC). Selon M. Chamisa, l'opposition fait aujourd'hui l'objet d'attaques constantes car le pouvoir perd du terrain et se sent menacé: "Ils essaient de nous décimer, nous détruire, nous diviser par la violence". Successeur de Robert Mugabe qui a régné d'une main de fer sur le pays pendant 37 ans, Emmerson Mnangagwa est régulièrement accusé de vouloir museler toute opinion dissidente, notamment avec des arrestations. "Littéralement et métaphoriquement, nous sommes dans la gueule du crocodile", a poursuivi M. Chamisa. Emmerson Mnangagwa est surnommé le "crocodile", en référence à la féroce unité de guérilla "Crocodile Gang" à laquelle il appartenait durant la lutte contre le pouvoir blanc de ce qui était alors la Rhodésie. Pour l'opposant, l'enjeu d'une alternance politique est d'apporter "une vie meilleure aux Zimbabwéens". A son arrivée au pouvoir en 2017, Emmerson Mnangagwa avait promis des réformes mais le pays est toujours englué dans une crise économique catastrophique. "Nous devons réparer le Zimbabwe, afin de rétablir la dignité de ses citoyens", a-t-il expliqué.