Le chanteur marocain Saad Lamjarred, figure majeure de la pop arabe, fait de nouveau face à la justice française. À 40 ans, il comparaît libre à Draguignan pour des faits de viol qu’il conteste formellement. Le procès doit durer jusqu’à jeudi, avec un verdict très attendu tant les accusations et le contexte sont sensibles.
L’avocat de la plaignante, Dominique Lardans, a annoncé qu’il solliciterait le huis clos. La jeune femme, barmaid en 2018 à Saint-Tropez, dit avoir vécu « une nuit d’horreur » suivie de « sept ans d’attente et de souffrance ».
Le récit précis de la plaignante
Selon son témoignage, elle a rencontré le chanteur dans une discothèque de la station balnéaire. Ne connaissant pas sa notoriété, elle a accepté de partager un verre à son hôtel. Le trajet se serait transformé en piège : conduite directement dans la chambre, elle décrit une agression brutale, immobilisée, incapable de réagir. Une amie alertée l’aurait retrouvée choquée, maquillage coulant, lèvres enflées.
Lamjarred affirme pour sa part que la relation était consentie et que la jeune femme a elle-même retiré son pantalon.
Les analyses toxicologiques montrent un taux d’alcool élevé chez les deux protagonistes, entre 1,2 et 1,4 g/l pour elle, jusqu’à 1,8 g/l pour lui.
Pressions et tentatives d’arrangements
L’enquête a révélé un appel troublant : pendant la garde à vue du chanteur, un homme aurait proposé 200.000 euros pour étouffer l’affaire. Si la victime a refusé, une amie a tenté de contacter un avocat de Lamjarred avant de revenir sur cette démarche et de confirmer son témoignage initial.
En 2021, la chambre de l’instruction a confirmé le renvoi en assises, rappelant un principe juridique central : entrer dans la chambre d’un homme ne vaut pas consentement.
Un artiste rattrapé par d’autres affaires
Ce procès s’inscrit dans une série de mises en cause. Lamjarred a déjà été accusé de viol au Maroc en 2015 et aux États-Unis en 2010, affaire clôturée après un arrangement financier. En France, il a été condamné en 2023 à six ans de prison pour viol à Paris, un jugement dont il a fait appel.
Son procès en appel devait se tenir en juin mais a été reporté. En parallèle, la plaignante et quatre complices présumés seront jugés pour tentative d’extorsion, accusés d’avoir cherché à obtenir 3 millions d’euros pour qu’elle retire sa plainte.
Ce nouveau procès, très médiatisé, ravive un dossier explosif mêlant célébrité, accusations répétées et pressions périphériques.
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