La junte en Guinée-Bissau a franchi une nouvelle étape vendredi 29 novembre en nommant un Premier ministre, un jour après l’investiture du général Horta N’Tam comme président de transition pour un an. Le nouveau chef du Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre (HCM) a choisi Ilidio Vieira Té, élu Premier ministre et ministre des Finances. Ce dernier était le dernier ministre des Finances du président Umaro Sissoco Embaló, renversé mercredi.
Suspension immédiate par l’Union africaine
L’Union africaine n’a pas tardé à réagir : elle a suspendu la Guinée-Bissau de toutes ses instances, dénonçant une rupture de l’ordre constitutionnel. Une décision annoncée par Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA.
Vives critiques régionales et internationales
Au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko a dénoncé une « combine » destinée à stopper l’annonce des résultats des élections du 23 novembre. Un soupçon que partagent plusieurs experts. Il a réclamé la poursuite du processus électoral ainsi que la libération de toutes les personnes arrêtées, notamment l’opposant Domingos Simoes Pereira.
Arrestations, tensions et retour apparent au calme
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker Türk, estime qu’au moins 18 personnes sont détenues arbitrairement depuis le putsch, dont des membres du gouvernement, magistrats et opposants. Malgré cela, la vie semblait reprendre un rythme quasi normal vendredi à Bissau, où le couvre-feu nocturne a été levé et les frontières rouvertes.
Une crise alimentée par des accusations de “coup factice”
Le président déchu, Umaro Sissoco Embaló, a trouvé refuge au Sénégal. Plusieurs voix, dont celle de l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, s’interrogent sur les zones d’ombre du putsch. Certains évoquent un « coup factice » orchestré pour détourner ou bloquer les résultats du scrutin.
Un pays piégé dans un cycle d’instabilité
Depuis son indépendance en 1974, la Guinée-Bissau a été secouée par quatre coups d’État et de nombreuses tentatives de putsch. Faiblesse institutionnelle, pauvreté et narcotrafic en ont fait un terrain instable, où les crises politiques s’enchaînent.
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