Cinq ans de prison ont été requis contre, Mamadou Hawa Gassama, membre du parlement de transition du Mali, par le parquet d'Abidjan pour "offense" et "propos outrageants sur internet" envers le chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara. Ce qui représente la peine maximale. Opposant historique du précédent régime de Bamako, avant l'arrivée de la junte, M. Gassama est connu au Mali pour son franc-parler.
En septembre 2022, Mamadou Hawa Gassama s'en était pris au président Ouattara lors d'une interview dans un média malien, le qualifiant notamment "d'ennemi du Mali". Le procureur a dénoncé les "propos inacceptables pour une personne de son rang" tenus par M. Gassama et a averti "l'ensemble de l'auditoire" que "toute attaque, tout propos méprisant à l'encontre des institutions sera sanctionné avec la dernière énergie", appelant les internautes à faire "preuve de retenue" sur les réseaux sociaux.
Des relations tendues entre le Mali et la Côte d'Ivoire depuis 2020
M. Gassama est membre du Conseil national de Transition (CNT), l'organe législatif du Mali voisin dont les relations avec la Côte d'Ivoire sont tendues depuis le double coup d'Etat de 2020 et 2021 qui a porté au pouvoir le général Assimi Goïta à Bamako.
Le président Ouattara s'est toujours montré intransigeant face aux putschs qui ont secoué plusieurs pays sahéliens ces dernières années. Arrêté à la suite d'un séjour privé en Côte d'Ivoire en juillet et en détention depuis, M. Gassama, en long boubou bleu, les yeux baissés, a reconnu les faits et présenté ses excuses "à (s)on grand frère ADO (surnom de M. Ouattara) et à tous les Ivoiriens" plaidant ne pas savoir que ses propos pouvaient "blesser".
Le verdict sera rendu le 30 janvier
Son avocat, Me Mamadou Ismaila Konaté, a plaidé l'indulgence face au "repentir" de son client qui avait déjà présenté des excuses rapidement après son arrestation. Il s'est dit toutefois "surpris" devant la presse de la lourdeur de la peine requise, rappelant le "contexte politique" tendu entre les deux pays. "La décision sera scrutée à Bamako" et "fera du bruit" a soulevé Me Konaté face aux juges. La décision a été mise en délibérée au 30 janvier.
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