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Législatives au Bénin : un scrutin sous tension avant la présidentielle d’avril

Actus. Un mois après une tentative de coup d’État avortée, les Béninois sont appelés aux urnes, dimanche 11 janvier, pour des élections législatives et locales. Un scrutin clé qui devrait renforcer la majorité présidentielle, à quelques mois d’une présidentielle où le dauphin de Patrice Talon fait figure de favori.

Législatives au Bénin : un scrutin sous tension avant la présidentielle d’avril
Le président béninois Patrice Talon - Flickr

Un calendrier électoral maintenu malgré le choc du putsch 

Début décembre, une tentative de coup d’État menée par des militaires a brièvement secoué le Bénin. Rapidement déjouée par l’armée béninoise, avec l’appui du Nigeria voisin et de la France, elle n’a pas remis en cause la continuité des institutions. Le pouvoir a choisi de maintenir le calendrier électoral. Dimanche, les électeurs voteront pour renouveler l’Assemblée nationale et les conseils communaux, dans un climat politique marqué par de fortes dissymétries entre majorité et opposition. 

Une majorité présidentielle en position de force 

Le bloc présidentiel, composé de trois partis, dispose actuellement de 81 sièges sur 109 au Parlement. Il espère consolider, voire élargir, cette domination à l’issue du scrutin. Les législatives sont organisées à un tour et constituent la seule élection à laquelle le principal parti d’opposition, Les Démocrates, a été autorisé à participer. En revanche, le parti est absent des élections communales organisées le même jour, ainsi que de la présidentielle d’avril, faute d’avoir obtenu suffisamment de parrainages.

Un seuil électoral qui fragilise l’opposition 

Avec le code électoral en vigueur, l’opposition pourrait même disparaître de la prochaine Assemblée. Pour obtenir des sièges, un parti doit recueillir au moins 20 % des suffrages dans chacune des 24 circonscriptions électorales. « Ce fameux seuil de 20 % paraît relativement insurmontable. En plus, avec les dissensions récentes au sein des Démocrates, on ne voit pas un parti aussi uni qu’en 2023 », analyse le politologue béninois Joël Atayi Guèdègbé, rappelant qu’ils avaient alors obtenu 28 sièges.  

Une campagne de proximité et une participation incertaine 

La campagne s’est déroulée sans grands meetings, les partis privilégiant le porte-à-porte et les échanges directs avec les électeurs. « Les candidats viennent nous voir directement, ils discutent avec nous, c’est mieux comme ça », témoigne Assanatou Toko, 31 ans. 
Reste la question de la participation, traditionnellement faible : 27 % en 2019, 37 % en 2023. « Le scrutin reste pluriel, on espère que cela mobilisera davantage », souligne M. Guèdègbé. 

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Une présidentielle verrouillée à l’horizon 

Le président Patrice Talon, au pouvoir depuis dix ans, quittera ses fonctions en avril après deux mandats, conformément à la Constitution. Son dauphin, le ministre des Finances Romuald Wadagni, apparaît comme l’ultra-favori. Il ne fera face qu’à un seul adversaire, l’opposant jugé « modéré » Paul Hounkpè (FCBE), dont les élus législatifs devraient, s’ils entrent au Parlement, s’allier à la majorité présidentielle. La présidentielle devrait ouvrir un mandat de sept ans, renouvelable une fois, après une réforme constitutionnelle adoptée mi-novembre. 
 

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