Un calendrier électoral maintenu malgré le choc du putsch
Début décembre, une tentative de coup d’État menée par des militaires a brièvement secoué le Bénin. Rapidement déjouée par l’armée béninoise, avec l’appui du Nigeria voisin et de la France, elle n’a pas remis en cause la continuité des institutions. Le pouvoir a choisi de maintenir le calendrier électoral. Dimanche, les électeurs voteront pour renouveler l’Assemblée nationale et les conseils communaux, dans un climat politique marqué par de fortes dissymétries entre majorité et opposition.
Une majorité présidentielle en position de force
Le bloc présidentiel, composé de trois partis, dispose actuellement de 81 sièges sur 109 au Parlement. Il espère consolider, voire élargir, cette domination à l’issue du scrutin. Les législatives sont organisées à un tour et constituent la seule élection à laquelle le principal parti d’opposition, Les Démocrates, a été autorisé à participer. En revanche, le parti est absent des élections communales organisées le même jour, ainsi que de la présidentielle d’avril, faute d’avoir obtenu suffisamment de parrainages.
Bénin. Les candidat·e·s aux élections doivent s’engager à protéger les droits humains alors que l’espace civique se réduit.
— Amnesty International Bénin (@amnestybenin) January 8, 2026
Alors que les électeurs s’apprêtent à aller voter au Bénin, les candidat·e·s aux élections législatives et communales du 11 janvier 2026 et à l’élection…
Un seuil électoral qui fragilise l’opposition
Avec le code électoral en vigueur, l’opposition pourrait même disparaître de la prochaine Assemblée. Pour obtenir des sièges, un parti doit recueillir au moins 20 % des suffrages dans chacune des 24 circonscriptions électorales. « Ce fameux seuil de 20 % paraît relativement insurmontable. En plus, avec les dissensions récentes au sein des Démocrates, on ne voit pas un parti aussi uni qu’en 2023 », analyse le politologue béninois Joël Atayi Guèdègbé, rappelant qu’ils avaient alors obtenu 28 sièges.
Une campagne de proximité et une participation incertaine
La campagne s’est déroulée sans grands meetings, les partis privilégiant le porte-à-porte et les échanges directs avec les électeurs. « Les candidats viennent nous voir directement, ils discutent avec nous, c’est mieux comme ça », témoigne Assanatou Toko, 31 ans.
Reste la question de la participation, traditionnellement faible : 27 % en 2019, 37 % en 2023. « Le scrutin reste pluriel, on espère que cela mobilisera davantage », souligne M. Guèdègbé.
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Une présidentielle verrouillée à l’horizon
Le président Patrice Talon, au pouvoir depuis dix ans, quittera ses fonctions en avril après deux mandats, conformément à la Constitution. Son dauphin, le ministre des Finances Romuald Wadagni, apparaît comme l’ultra-favori. Il ne fera face qu’à un seul adversaire, l’opposant jugé « modéré » Paul Hounkpè (FCBE), dont les élus législatifs devraient, s’ils entrent au Parlement, s’allier à la majorité présidentielle. La présidentielle devrait ouvrir un mandat de sept ans, renouvelable une fois, après une réforme constitutionnelle adoptée mi-novembre.
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