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Sécurité dans les Grands Lacs : la CIRGL cherche un second souffle face à la crise dans l’est de la RDC

Actus. Réunis ce samedi à Livingstone, en Zambie, les ministres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) se penchent, samedi 10 janvier, sur l’épineuse question de l’insécurité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo. Au cœur des discussions : la relance des mécanismes régionaux censés garantir les cessez-le-feu négociés à Washington et à Doha.

Sécurité dans les Grands Lacs : la CIRGL cherche un second souffle face à la crise dans l’est de la RDC
Des soldats congolais dans l'est de la RDC ( illustration ) - FARDC

Livingstone, un choix diplomatique stratégique 

La réunion des ministres de la Défense de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ne se tient pas à Kinshasa, pourtant à la présidence tournante de l’organisation. Le choix de Livingstone, dans le sud de la Zambie, répond à une volonté claire : instaurer un cadre jugé plus consensuel et apaisé. 
Lors du dernier sommet organisé dans la capitale congolaise, le Rwanda avait brillé par son absence. Cette fois, la Zambie apparaît comme un terrain neutre, susceptible de favoriser un dialogue régional plus inclusif sur un dossier hautement sensible. 

Experts et chefs d’état-major en première ligne 

Si la réunion ministérielle est prévue samedi, les travaux ont débuté dès jeudi, avec deux jours d’échanges entre experts de la défense et chefs d’état-major des pays membres. L’objectif affiché est clair : évaluer l’état réel de la situation sécuritaire dans la région et identifier les leviers concrets pour enrayer la spirale de violences, particulièrement dans l’est de la RDC.

Washington et Doha, des accords encore fragiles 

Les discussions portent principalement sur la mise en œuvre effective des processus de paix lancés à Washington et à Doha. Dans la capitale qatarie, Kinshasa et l’AFC/M23 avaient notamment signé un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu. 
Mais sur le terrain, les engagements pris peinent à se traduire en réalité. Les violations se poursuivent, révélant les limites d’accords dépourvus d’outils de contrôle pleinement opérationnels. 

A lire aussi : Conflit à l’est de la RDC : le président Tshisekedi juge "intéressantes" les propositions de paix de l’Angola

Le mécanisme de vérification au cœur du blocage 
  

L’un des principaux obstacles identifiés est l’absence d’un système fonctionnel de vérification. Le Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE) de la CIRGL, censé jouer ce rôle central, fonctionne aujourd’hui au ralenti. Or, ce dispositif est précisément celui qui a été retenu, aussi bien à Doha qu’à Washington, comme pilier de la surveillance des cessez-le-feu. Sa relance apparaît donc indispensable pour crédibiliser les efforts diplomatiques en cours. 

La Zambie appelée à jouer un rôle moteur 

Dans cette dynamique de relance, la Zambie pourrait s’imposer comme un acteur clé. Selon des sources concordantes, il a été décidé que le prochain commandant du MCVE serait un officier zambien. Un choix qui renforce la centralité de Livingstone dans cette séquence diplomatique et souligne les attentes placées dans le rôle de médiateur et de facilitateur régional que la Zambie est appelée à assumer. 

Une CIRGL face à sa crédibilité 

En se retrouvant au cœur de la mise en œuvre des accords de paix, la CIRGL joue une part importante de sa crédibilité. Sa capacité à redynamiser ses instruments sécuritaires conditionnera largement l’avenir des cessez-le-feu et, plus largement, la stabilité de l’est de la RDC et de l’ensemble de la région des Grands Lacs.

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