Algérie: fin des subventions généralisées des produits de base

Par AFP

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Les députés algériens ont voté mercredi la suppression du système de subventions généralisées des produits de base, existant depuis des décennies, qui sera remplacé par un ciblage des plus nécessiteux, dans le cadre de la loi de finances pour 2022.

"Le gouvernement n'entend nullement renoncer" au système des aides d'Etat, a assuré mercredi le Premier ministre algérien Aïmene Benabderrahmane, répondant à des critiques de députés sur la fin des subventions généralisées. Les subventions aux produits de base représenteront encore pour 2022 un total de "17 milliards de dollars", a indiqué le chef du gouvernement. En septembre, il avait chiffré "à entre 30 et 41 milliards de dollars" selon les années -- en fonction des variations de taux de change -- le coût annuel du système de subventions en vigueur jusqu'à présent. Il s'agit d'adopter "une nouvelle philosophie visant à cibler, directement par des aides, les familles dans le besoin", a expliqué M. Benabderrahmane, également ministre des Finances. Tous les parlementaires ont voté pour, à l'exception de ceux du principal parti islamiste, le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP, 65 députés sur les 407). Cette proposition reflète "une transformation sociale majeure qui fragilise le pouvoir d'achat des Algériens de manière inédite sans mécanismes pour leur garantir l'accès à une compensation monétaire", a dénoncé le MSP, dans un communiqué. Les modalités d'application de la loi, en particulier et la liste des produits concernés et les catégories de ménages ciblés, seront précisées ultérieurement par des décrets d'application. L'Etat subventionne de nombreux produits alimentaires de base (semoule, huile, pain, lait...) mais également l'électricité, l'eau, le gaz et l'essence. Le système social algérien procure aussi des aides au logement et assure la gratuité de l'éducation et des soins. Début octobre, le Fonds monétaire international (FMI) avait appelé l'Algérie à "recalibrer" sa politique économique et mener des "réformes structurelles". Le budget algérien est financé en grande partie par les recettes tirées des exportations d'hydrocarbures, qui représentent plus de 90% des apports en devises, ce qui expose fortement le pays aux fluctuations des prix du gaz et du pétrole. Les réserves de change sont passées de 62,8 milliards de dollars en 2019 à 48,2 milliards de dollars à la fin de 2020, selon le FMI.