Avec les Pandora Papers, quelques langues se délient à Brazzaville

Par AFP

AFRICA RADIO

Appels à la "transparence" et au retour au pays de fonds publics placés à l'étranger: quelques langues se sont déliées dimanche au Congo-Brazzaville avec les Pandora Papers, enquête médiatique sur des dissimulation d'avoirs dans des sociétés offshore, dans laquelle Denis Sassou Nguesso est cité.

L'enquête dite des Pandora Papers, menée par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), assure que le président congolais, qui cumule 37 ans de pouvoir, a détenu pendant près de 20 ans une société offshore dans les Iles Vierges britanniques. Le gouvernement congolais a fermement démenti, ajoutant que le chef de l'Etat se réservait "le droit de poursuivre en justice tous ceux qui reprendraient ces accusations sans en apporter la moindre preuve". "Le malaise sur la planète est très grand, surtout lorsque l'on découvre que des gouvernants et des dirigeants de plusieurs pays qui n'ont de cesse de parler de la lutte contre la corruption (...) dissimulent hors de leurs pays des fortunes colossales contribuant au développement de pays étrangers", a déploré Clément Miérassa, un leader de l'opposition. Il encourage les personnes citées dans l'enquête, y compris le président congolais, à porter plainte contre ses auteurs parce que, dit-il, "cela contribuera à faire établir la vérité et à faire progresser la transparence dans les affaires de la planète entière". "Le gouvernement n'entreprend absolument rien en vue du rapatriement au Congo de l'argent public placé dans des comptes privés à l'extérieur par les tenants du pouvoir", a dénoncé de son côté l'opposant Mathias Dzon, candidat malheureux à la présidentielle de mars 2021. Depuis des plaintes déposées en 2007, la famille Sassou Nguesso est par ailleurs visée par une enquête de la justice française sur les "biens mal acquis", notamment sur l'origine du patrimoine mobilier et immobilier qu'elle s'est constitué en France. La publication des Pandora Papers a aussi provoqué plusieurs sorties médiatiques d'associations proches du pouvoir. "Le président Sassou Nguesso étant la figure et l'image de la République, attaquer sa réputation revient à écorcher la mère patrie et fouler au sol l'image de la République", a estimé Lionel Ngodjo Louvosso, dirigeant de la "Dynamique amour et rêves de Nyanga" (DARN).