Burkina: "des femmes et des enfants ciblés" dans l'attaque de lundi (ministre)

AFRICA RADIO

7 septembre 2022 à 17h36 par AFP

L'attaque qui a fait 35 morts lundi dans le nord du Burkina Faso, a pris pour cible "principalement des femmes et des enfants" dont le car a sauté sur un engin explosif "actionné à distance", a affirmé mercredi le ministre de la Défense, Barthélémy Simporé.

Selon les premières investigations, "un engin télécommandé a été actionné à distance par les groupes armés terroristes embusqués dans les environs qui ont ciblé un car transportant essentiellement des femmes et des enfants", a déclaré le général Simporé, ajoutant qu'il s'agissait du "91e véhicule du convoi" de ravitaillement. Les assaillants "ont laissé passé des véhicules et ont ciblé celui dont les occupants étaient des femmes et des enfants", a-t-il insisté, à l'issue du conseil des ministres estimant que "cela révèle la nature perfide, cynique des groupes armés terroristes". L'explosion lundi de cette bombe artisanale au passage d'un convoi de ravitaillement entre Djibo et Bourzanga (nord) a fait au moins 35 morts et 37 blessés civils, selon un bilan officiel. Ces convois, escortés par l'armée, ravitaillent des villes du nord soumises à un blocus de groupes jihadistes qui ont récemment dynamité des ponts sur des grands axes routiers. Les convois sont organisés "régulièrement pour les populations, pour les ravitailler, pour les accompagner sur leurs besoins de déplacement", a expliqué mercredi le général Simporé, précisant que l'escorte avait déjà procédé à la destruction d'un engin explosif deux heures avant l'attentat. Immédiatement après l'incident, les unités militaires se sont déployées pour sécuriser la zone et permettre de prendre en charge les nombreuses victimes, a expliqué le ministre. "Des hélicoptères de l'armée burkinabè et de la force française Barkhane se sont déployés pour évacuer les blessés sur des hôpitaux à Ouagadougou", a-t-il précisé. Le convoi a ensuite repris sa route jusqu'à la capitale burkinabè. Dimanche soir, dans un discours à la Nation prononcé depuis la ville de Dori (nord-est), le président de la transition, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrivé au pouvoir fin janvier lors d'un putsch, avait salué une "relative accalmie" dans plusieurs localités régulièrement frappées par des violence. Mais les attaques restent nombreuses depuis le début de l'année. Cette semaine, outre l'attaque de lundi, sept civils et deux soldats sont morts mardi lors de deux attaques distinctes, toujours dans le nord du pays. Le Burkina Faso, où des militaires qui ont pris le pouvoir en janvier ont promis de faire de la lutte anti-jihadiste leur priorité, est confronté comme plusieurs pays voisins à la violence de mouvements armés affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique. Ces attaques y ont fait depuis 2015 des milliers de morts et quelque deux millions de déplacés.