"Dette cachée": le fils de l'ex-président du Mozambique nie en bloc

30 août 2021 à 16h06 par AFP

AFRICA RADIO

Il est accusé d'avoir touché plusieurs millions en pots-de vin pour jouer les "facilitateurs" auprès de son père, l'ex-président du Mozambique Armando Guebuza: entendu lundi au procès de la "dette cachée", un des plus grands scandales de corruption du pays, Ndambi Guebuza a nié.

Couvert d'un manteau noir qui cachait mal sa combinaison orange de prisonnier, le fils de l'ancien chef de l'Etat est apparu fatigué devant le tribunal installé dans l'enceinte d'une prison de Maputo. En détention provisoire depuis deux ans et demi, il s'est présenté accompagné d'un médecin. "Je n'ai jamais reçu d'argent", a-t-il déclaré. Ndambi Guebuza, 44 ans, est accusé d'avoir reçu plusieurs millions d'euros pour convaincre son père président de signer des contrats avec le groupe de construction navale Privinvest. Armando Guebuza, à la tête du pays d'Afrique australe de 2005 à 2015 et aujourd'hui âgé de 78 ans, assistait à l'audience. En costume gris, il a pris des notes pendant l'audition de son fils. Il doit témoigner dans les prochains jours. Interrogé sur des rencontres avec des hommes d'affaires et des agents du renseignement au centre de l'affaire, ainsi que sur des déplacements à l'étranger sur des chantiers navals, Ndambi Guebuza a invoqué des trous de mémoire: "Je n'ai pas une mémoire d'éléphant". Lors d'une audience la semaine dernière, un agent du renseignement mozambicain, Cipriano Mutota, a avoué avoir touché des pots-de-vin. Dans ce procès qui doit durer près de deux mois, 19 personnes proches du pouvoir sont accusés de chantage, faux, détournement de fonds et blanchiment pour des montants de plusieurs millions d'euros. Entre 2013 et 2014, trois entreprises publiques mozambicaines ont contracté 1,76 milliard d'euros de prêts pour financer des projets maritimes et de chantiers navals. Ces prêts, tenus secrets par le gouvernement jusqu'à leur révélation en 2016, ont valu au pays le retrait du soutien du FMI. Le Mozambique a alors fait défaut sur sa dette et sa monnaie, le metical, s'est effondrée, provoquant la plus grave crise financière depuis son indépendance en 1975. L'actuel président Filipe Nyusi est également mis en cause dans cette affaire, accusé d'avoir perçu des commissions occultes sous forme de contribution à sa campagne électorale en 2014. Ce scandale, dit de la "dette cachée", est à l'origine de plusieurs autres procédures judiciaires en Suisse et au Royaume-Uni.