Deuxième tour de la présidentielle à Sao Tomé-et-Principe, habitué à l'alternance

5 septembre 2021 à 10h06 par AFP

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Sao Tomé-et-Principe, petit archipel lusophone du Golfe de Guinée, élit dimanche son nouveau président de la République au deuxième tour de scrutin dans un pays considéré comme l'un des modèles de démocratie parlementaire en Afrique, habitué aux alternances politiques pacifiques.

Carlos Vila Nova, candidat du principal parti de l'opposition, l'Action indépendante démocratique (ADI, centre-droit), arrivé en tête au premier tour le 18 juillet avec 39,47% des suffrages, fait face à Guilherme Posser da Costa, du Mouvement pour la libération de Sao Tomé-et-Principe (MLSTP, social-démocrate), pilier de la coalition gouvernementale, arrivé deuxième (20,75%). "Les bureaux de vote viennent d'ouvrir", a déclaré à l'AFP par téléphone Fernando Maquengo, le président de la Commission électorale nationale (CEN). Ce second tour, initialement prévu le 8 août, a été repoussé à deux reprises après un recours contentieux d'un candidat, le président de l'Assemblée nationale Delfim das Neves, troisième au premier tour, finalement débouté. Ils étaient 19 prétendants le 18 juillet à se présenter au suffrage universel pour tenter de succéder pour cinq ans à Evaristo Carvalho, élu en 2016, qui ne se représentait pas. Dans ce pays de quelque 210.000 habitants, colonie portugaise jusqu'en 1975, le président n'a qu'un rôle honorifique, de représentation et de promulgation des textes, l'essentiel du pouvoir exécutif dans ce régime parlementaire revenant au Premier ministre. Ce poste est occupé par Jorge Lopes Bom Jesus, du MLSTP, depuis qu'une coalition de gauche a remporté les législatives de 2018 contre l'ADI d'Evaristo Carvalho. Carlos Vila Nova, homme d'affaires de 62 ans, ingénieur en télécommunications de formation, a été ministre des travaux publics au sein d'un gouvernement de l'ADI mais demeure assez peu connu du grand public. Guilherme Posser da Costa, 68 ans, formé en droit à l'université de Coimbra au Portugal, a été chef du gouvernement de 1999 à 2001 et trois fois ministre des Affaires étrangères. Après 15 années d'un régime marxiste au parti unique, Sao Tomé s'est ouvert au multipartisme en 1991. Puis, après plusieurs tentatives de coup d'Etat, dont les dernières en 2003 et 2009, le régime parlementaire s'y est affirmé et a permis plusieurs alternances au pouvoir entre les deux grandes forces qui animent la vie politique, l'ADI et le MLSTP, ce dernier issu de l'ancien parti unique.