Egypte: procès du meurtrier présumé d'une étudiante ayant refusé ses avances

AFRICA RADIO

26 juin 2022 à 13h51 par AFP

Le procès d'un Egyptien accusé d'avoir tué une étudiante devant son université parce qu'elle refusait ses avances s'est ouvert dimanche dans le nord de l'Egypte, ont constaté des journalistes de l'AFP.

L'affaire est particulièrement suivie en Egypte où une vidéo du meurtre de Nayera Achraf le 19 juin a été très partagée en ligne et au-delà car quelques jours après, une étudiante jordanienne, Imane Erchid, était tuée par balles à Amman par un jeune homme apparemment pour les mêmes raisons. Au tribunal pénal de Mansourah, à 130 km au nord du Caire, l'accusé Mohammed Adel répond d'"homicide volontaire avec préméditation" après avoir reconnu devant le juge avoir suivi avec l'intention de la tuer la jeune fille qui, disant craindre une attaque de sa part, avait déjà déposé plusieurs mains courantes. "Il l'a poignardée à plusieurs reprises", a indiqué le parquet, ajoutant que la police avait trouvé dans le téléphone de la victime "des messages (du suspect) menaçant de l'égorger". Le meurtre est passible de la peine capitale en Egypte, pays qui condamne le plus à mort du monde et a procédé en 2021 au troisième plus grand nombre d'exécutions selon Amnesty International. La prochaine audience a été fixée à mardi, a indiqué à l'AFP Ahmed Hamad, l'avocat de l'accusé, et, fait rare pour une affaire de ce genre, les caméras de télévision ont été autorisées à filmer l'audience de dimanche. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes jordaniens et égyptiens réclamaient la peine capitale pour les auteurs des deux meurtres tandis que d'autres appelaient à apprendre aux jeunes "à accepter le fait que les femmes puissent dire 'non'". En Egypte, le prédicateur Mabrouk Attiya a provoqué un tollé en estimant que si elle avait été voilée, Nayera Achraf aurait connu un autre sort. Il a notamment déclenché l'ire des défenseurs des droits des femmes en Egypte où, selon les autorités, près de huit millions de femmes avaient subi des violences en 2015 de la part d'un époux, d'un proche ou d'un étranger dans l'espace public.