Elections/Libye: deux recours acceptés contre la candidature de M. Dbeibah

Par AFP

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La Cour d'appel de Tripoli a déclaré recevables dimanche deux recours contestant la candidature du chef du gouvernement intérimaire libyen Abdelhamid Dbeibah à l'élection présidentielle, selon des médias.

Ces recours ont été déposés par des candidats au scrutin du 24 décembre, parmi lesquels l'influent ex-ministre de l'Intérieur, Fathi Bachagha, ont rapporté plusieurs médias libyens, qui ajoutent que M. Dbeibah aurait la possibilité de faire appel sous 72 heures si la Cour devait rejeter sa candidature. L'AFP a obtenu une copie de la décision judiciaire d'acceptation des deux recours, mais n'a pas pu l'authentifier. Le tribunal a retenu l'argument selon lequel M. Dbeibah n'a pas démissionné de son poste trois mois avant l'élection présidentielle, comme l'impose la loi électorale, elle-même très contestée, a déclaré à l'AFP un proche de M. Bachagha. Riche homme d'affaires originaire de Misrata (Ouest), M. Dbeibah, 62 ans, avait été désigné en février dernier Premier ministre par intérim par 75 délégués libyens de tous bords, au terme d'un processus politique parrainé par l'ONU, mis sur orbite en début d'année à Genève. Aux côtés d'un conseil présidentiel de trois membres, M. Dbeibah avait été chargé d'unifier les institutions et de mener la transition jusqu'à la tenue des élections législatives et présidentielle. A l'instar des autres candidats à ce poste transitoire, il s'était engagé à ne pas se présenter à la présidentielle. Le non-respect de cet engagement a également participé à la décision de la Cour d'appel, outre le fait qu'il serait détenteur de deux autres nationalités, selon la source proche de M. Bachagha. La loi électorale impose de posséder exclusivement la nationalité libyenne. M. Dbeibah n'a pas réagi dans l'immédiat. Aboutissement d'un processus laborieux parrainé par l'ONU, la présidentielle du 24 décembre --la première d'un chef d'Etat au suffrage universel en Libye-- et le scrutin législatif prévu un mois plus tard sont censés tourner la page d'une décennie de conflit et de luttes fratricides depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, tué en 2011 lors d'une révolte populaire. Pour la communauté internationale, la tenue de ce double scrutin est essentielle pour pacifier le pays d'Afrique du Nord qui compte les réserves pétrolières les plus abondantes d'Afrique.