Embargo sur les armes en Centrafrique: progrès insuffisants selon le chef de l'ONU

AFRICA RADIO

15 juin 2022 à 21h36 par AFP

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, estime que des progrès ont été réalisés par la Centrafrique dans le contrôle des armements mais qu'ils restent insuffisants, dans un rapport remis mercredi au Conseil de sécurité à l'approche de l'expiration fin juillet de l'embargo sur les armes imposé à ce pays.

"Le gouvernement a continué à faire des progrès dans la mise en oeuvre des principaux objectifs (établis par l'ONU, ndlr) avec le soutien de la (force de Casques bleus) Minusca et d'autres partenaires régionaux et internationaux", indique Antonio Guterres dans son document encore confidentiel obtenu par l'AFP. "Néanmoins, des progrès supplémentaires sont nécessaires, en particulier pour mettre en oeuvre le programme national de désarmement, de démobilisation, de réintégration et de rapatriement" de combattants, ajoute-t-il, sans se prononcer clairement dans ses conclusions en faveur ou en défaveur d'une nouvelle prolongation fin juillet de l'embargo sur les armes destinées à la Centrafrique. En vigueur depuis 2013, cette mesure est dénoncée depuis plusieurs années par Bangui qui demande sa suppression, en affirmant qu'elle pénalise le gouvernement dans son combat contre les groupes armés qui continuent de contrôler une grande partie du pays. Ces dernières années, avec l'aide de la Russie avec laquelle elle a établi un partenariat, la Centrafrique avait obtenu plusieurs allégements de l'embargo sur les armes. "Il est important de veiller à ce que l'embargo sur les armes, ainsi que d'autres sanctions ciblées contre les groupes armés, produisent les résultats nécessaires et souhaités, en vue d'améliorer la situation politique et sécuritaire dans le pays", souligne le secrétaire général de l'ONU dans son rapport. La Centrafrique est ravagée depuis 2013 par une guerre civile qui a néanmoins considérablement baissé d'intensité depuis 2018. Fin 2020, à l'occasion d'une offensive sur Bangui par des groupes armés, le président centrafricain Faustin Archange Touadéra avait appelé Moscou à la rescousse de son armée démunie. Depuis, des centaines de paramilitaires russes -- des "mercenaires" de la compagnie privée de sécurité Wagner selon l'ONU et des capitales occidentales -- ont été déployés dans le pays, permettant de refouler les rebelles d'une grande partie des territoires et villes qu'ils contrôlaient, sans pouvoir y réinstaller partout et durablement l'autorité de l'Etat.