Journalistes arrêtés au Togo: Amnesty International dénonce leur "détention arbitraire"

Par AFP

AFRICA RADIO

Amnesty International a dénoncé lundi la "détention arbitraire" de deux journalistes togolais critiques vis-à-vis du pouvoir, arrêtés pour leur propos dans une émission diffusée sur Internet, et a exigé leur libération "immédiate".

Ferdinand Ayité et Joël Egah, respectivement directeurs de publication du bi-hebdomadaire l'Alternative et de l'hebdomadaire Fraternité, ont été placés sous mandat de dépôt vendredi pour "diffamation et outrage à l'autorité", après des plaintes de deux ministres. Un troisième journaliste qui a également participé à l'émission a été entendu par le juge et placé sous contrôle judiciaire. "La détention arbitraire des journalistes Ferdinand Ayité et Joël Egah est une atteinte à leur droit à la liberté d'expression. Les autorités cherchent à faire taire les voix critiques envers le pouvoir", a dénoncé Fabien Offner, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International. Selon lui, les deux journalistes ont été "placés en détention uniquement pour avoir tenu des propos dans l'émission +L'autre journal+, diffusée sur YouTube", dans lesquels "ils critiquaient deux ministres du gouvernement actuel". "Les propos tenus par ces deux journalistes", poursuit-il, "ne devraient pas fonder leur arrestation ni aucune poursuite pénale". Dans ce pays ouest-africain, les organes de presse sont régulièrement suspendus par la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC) à la suite de critiques contre le pouvoir. Le président Faure Gnassingbé est arrivé au pouvoir en 2005 après le décès de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait dirigé le Togo d'une main de fer pendant 38 ans. Il a été réélu lors de scrutins qui ont tous été contestés par l'opposition. L'Alternative et Fraternité sont des journaux critiques vis-à-vis du pouvoir. L'Alternative avait été suspendu en février pour quatre mois par la HAAC, dans un dossier impliquant l'actuel ministre de l'Urbanisme Koffi Tsolenyanu. En mars 2020, ce journal avait déjà écopé de deux mois de suspension après une plainte de l'ancien ambassadeur de France au Togo, Marc Vizy. Le journal Fraternité a été également suspendu en mars 2020 pour deux mois, à la suite d'un article dénonçant la suspension de deux autres journaux.