Les Soudanais dans la rue pour la 4e journée consécutive

AFRICA RADIO

3 juillet 2022 à 9h21 par AFP

Des centaines de Soudanais ont manifesté dimanche pour la quatrième journée consécutive à Khartoum et dans ses banlieues contre le pouvoir militaire.

Jeudi, la capitale soudanaise a connu sa journée la plus sanglante depuis le début de l'année avec la mort de neuf manifestants qui réclamaient le retour des civils au pouvoir, plus de huit mois après le putsch militaire qui a plongé le Soudan dans la violence et aggravé la crise économique. Le putsch mené le 25 octobre 2021 par le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, a brutalement mis fin à un fragile partage du pouvoir entre civils et militaires installé après la destitution en 2019 par l'armée du dictateur Omar el-Béchir, sous la pression d'une révolte populaire. Dimanche à Khartoum, des véhicules des Forces de soutien rapide (RSF), un puissant groupe paramilitaire, ont quadrillé le quartier général de l'armée, ainsi que plusieurs rues dans le centre de la capitale, selon un journaliste de l'AFP sur place. Vendredi et samedi, les manifestants ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes. Les RSF, dirigées par le numéro deux du pouvoir militaire, Mohamed Hamdan Daglo dit "Hemedti", sont issues de la milice armée des Janjawids accusée d'avoir commis des atrocités dans la région soudanaise du Darfour (ouest). Les RSF ont été accusées d'implication dans la répression de la révolte de 2019. La répression des manifestations jeudi a été condamnée par la communauté internationale et la haute-commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU Michelle Bachelet a réclamé vendredi une "enquête indépendante". Depuis le putsch, 112 manifestants ont été tués et des milliers blessés par les forces de l'ordre qui, selon l'ONU, tirent régulièrement à balles réelles sur la foule. Le 8 juin, l'ONU et l'Union africaine avaient lancé un dialogue pour tenter de mettre un terme à l'impasse politique au Soudan mais l'initiative a été boycottée par les principaux blocs civils.