Libye: affrontements armés dans une ville du sud

Par AFP

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Des affrontements armés ont opposé dans la nuit de lundi à mardi des forces de police locales et un groupe affilié à Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, faisant un mort et deux blessés dans le sud de la Libye, selon une source hospitalière.

"Armée de chars et de l'artillerie lourde, une milice sous le commandement de Mabrouk Sahbane des forces d'al-Karama (nom de l'opération militaire lancée en 2014 par le maréchal Haftar, qui contrôle l'Est et une partie du Sud du pays, NDLR) s'est emparé de 11 véhicules tout terrain destinés à la police sous la menace des armes", a indiqué dans un communiqué la Direction de la sécurité de Sebha, où les affrontements ont eu lieu. Selon elle, ce groupe, qui dépend des forces de Haftar, a "forcé le convoi à se diriger vers la base aérienne de Brak" plus au sud. Des photos et des vidéos diffusées par les médias locaux montrent des échanges de tirs violents en plein centre de Sebha mardi avant l'aube. La Direction de la sécurité de Sebha a condamné ces incidents qui visent, selon elle, à "déstabiliser le Fezzan", la province du sud libyen. "Un mort et deux blessés sont arrivés la nuit dernière au service des urgences à la suite des incidents survenus dans la ville", a indiqué mardi le Centre médical de Sebha dans un bref communiqué sur Facebook. Selon des médias citant des sources locales, les écoles et les services publics ont été fermés mardi dans toute la ville. Début 2019, les forces de l'Armée nationale libyenne (ANL), autoproclamée par Khalifa Haftar, s'était emparées de Sebha, chef-lieu du sud libyen située à quelque 650 kilomètres de Tripoli, ainsi que de sites pétroliers et militaires dans la région. D'avril 2019 à juin 2020, le maréchal septuagénaire avait tenté, en vain, de conquérir militairement Tripoli. La fin des combats à l'été 2020 avait été suivie en octobre de la même année par la signature d'un cessez-le-feu qui semble depuis globalement respecté, malgré quelques affrontements sporadiques entre groupes armés. Le pays nord-africain tente de s'extraire d'une décennie de conflits depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, marquée par des affrontements entre les pouvoirs rivaux de l'ouest et l'est du pays. Mais des incertitudes entourent la tenue d'élections présidentielle et législatives prévues à partir du 24 décembre et censées clore ce chapitre.