Affaire libyenne: Takieddine à nouveau condamné pour diffamation

Par AFP

AFRICA RADIO

L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine a été condamné mardi à 3.000 euros d'amende pour diffamation à l'encontre de l'ancien secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, pour des déclarations sur les soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

M. Takieddine, en fuite au Liban, était poursuivi par M. Guéant pour sept extraits d'un entretien le 22 avril 2013 sur BFMTV.Il y avait accusé l'ancien secrétaire général de l'Elysée et ministre de l'Intérieur "d'avoir convoyé des fonds en provenance des autorités libyennes pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy" et "d'avoir conservé à son profit une somme d'argent en provenance du Qatar, destinée à faciliter la libération des +infirmières bulgares+ retenues en Libye".Le tribunal a estimé que ces propos étaient bien diffamatoires et condamné M. Takieddine à 3.000 euros d'amende, ainsi qu'à payer 3.000 euros de dommages et intérêts et 2.000 euros pour frais de justice.Son avocate n'a pas souhaité réagir.L'intermédiaire avait déjà été condamné dans deux jugements séparés en février 2020 à une amende de 8.000 euros, pour avoir affirmé en 2016 avoir remis 5 millions d'euros d'argent libyen à M. Guéant et M. Sarkozy lui-même.M. Takieddine avait fait appel de cette condamnation, mais s'est depuis désisté.Les accusations de l'homme d'affaires sont au coeur des investigations conduites depuis 2013 par des juges d'instruction parisiens sur un éventuel financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 par la Libye.L'ex-chef de l'Etat et M. Guéant ont été mis en examen (inculpés)dans ce dossier, notamment pour "corruption passive" et "association de malfaiteurs". Tous deux nient farouchement toute implication.Le 11 novembre dernier, M. Takieddine, condamné en France à cinq ans de prison ferme dans le cadre de l'affaire Karachi, a retiré ses accusations contre M. Sarkozy. Il a toutefois maintenu avoir remis des fonds à M. Guéant, destinés à un contrat de formation de personnels libyens.