Afrique du Sud: le président dément avoir collaboré avec le régime de l'apartheid

Par AFP

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Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a fermement démenti jeudi avoir collaboré avec le régime de l'apartheid, assurant qu'il n'avait "jamais trahi" son "peuple", contrairement aux accusations du dirigeant d'un parti d'opposition.

Mercredi, le président du Congrès du peuple (Cope), Mosiuoa Lekota, a affirmé devant le Parlement que M. Ramaphosa avait été "récompensé" par le gouvernement raciste blanc pour l'avoir dénoncé, lui et d'autres camarades, à la police."Vous avez écrit à l'unité spéciale (de la police) pour dire que nous vous inculquions des idées communistes", a déclaré M. Lekota en s'adressant au chef de l'Etat assis devant lui."L'unité spéciale vous a récompensé. Ils vous ont renvoyé chez vous et nous, nous avons été envoyés à Robben Island", la prison au large du Cap (sud), a-t-il ajouté sous les applaudissements de députés de l'opposition.Très proche de feu Nelson Mandela, le premier président noir sud-africain, Cyril Ramaphosa a répondu jeudi à ces accusations devant le Parlement."Quand vous aviez affaire à la police de l'apartheid, il y avait trois choses qu'ils attendaient de vous: soit coopérer avec eux pour leur donner des preuves contre vos camarades, soit devenir un agent et aller tuer vos camarades, soit devenir un agent rémunéré", a expliqué le président. "Ils voulaient que je témoigne contre (Mosiuoa Lekota). J'ai refusé", a-t-il assuré. "Je n'ai rien fait de tout ça, absolument pas", a insisté M. Ramaphosa, "je leur ai dit : +Je ne travaillerai jamais avec vous et je ne trahirai jamais mon peuple+".Militant antiapartheid dans les années 1970, Cyril Ramaphosa a été emprisonné à deux reprises: d'abord pendant onze mois à l'isolement en 1974, ensuite pendant six mois au moment de la révolte des lycéens de Soweto en 1976.Le régime raciste imposé par la minorité blanche est officiellement tombé en 1994, avec les premières élections démocratiques qui ont porté au pouvoir Nelson Mandela.Depuis, l'ANC domine la vie politique sud-africaine. Le parti est favori des élections générales prévues le 8 mai et Cyril Ramaphosa devrait pour être reconduit, selon les derniers sondages.