Afrique du Sud: nouvelle attaque contre un commerçant étranger

Par La rédaction

Johannesburg (AFP)

Neuf personnes ont été arrêtées à Soweto, théâtres d'émeutes xénophobes en janvier, après une nouvelle attaque contre un commerce tenu par un étranger, grièvement brûlé dans l'assaut, a indiqué vendredi la police sud-africaine.

Les neuf suspects ont été inculpés de violence publique et tentative de meurtre après l'attaque de l'échoppe au cocktail molotov dans cette banlieue noire située à 15 km au sud-ouest de Johannesburg.

L'incident est intervenu après qu'un groupe de commerçants sud-africains eurent ordonné à leurs concurrents étrangers de fermer boutique, a précisé l'AFP le porte-parole de la police locale, Kay Makhubele.

"Un groupe de gens roulant en convoi dans le township ont ordonné aux étrangers de fermer leurs magasins", a raconté le policier, précisant qu'ils n'étaient apparemment pas du coin.

Le porte-parole n'a pas précisé la nationalité de la victime, se contentant d'affirmer: "C'est un étranger".

"Ils ont lancé un cocktail molotov et il était dans son magasin.Il a été gravement touché et nous l'avons transporté à l'hôpital", où il est "dans un état critique mais stable", a-t-il ajouté.

L'incident s'est produit jeudi, et la situation était vendredi "calme", a précisé le policier.La police n'a pas renforcé ses patrouilles.

Des troubles avaient éclaté en janvier dans ce célèbre township, où vécurent un temps Nelson Mandela et Desmond Tutu, après que le propriétaire somalien d'une échoppe eut tiré sur un groupe d'adolescents qui venaient le cambrioler. 

Un jeune avait alors été tué, déclenchant la fureur des habitants du quartier et une vague de pillages qui s'était étendue aux localités voisines.Trois personnes, au moins, avaient péri durant les émeutes. 

Les autorités maintiennent cependant que ces troubles n'ont aucun caractère xénophobe.

De violentes émeutes contre les étrangers avaient fait 62 morts en Afrique du Sud en 2008.La situation s'est nettement calmée depuis, mais des incidents sporadiques n'ont jamais cessé dans les townships.

Les commerces détenus par des étrangers se sont développés dans la plupart des townships et les Sud-Africains les accusent souvent de leur faire une concurrence déloyale en pratiquant des prix trop bas. 

Leurs commerces sont en outre régulièrement pillés et incendiés en marge de manifestations, quel qu'en soit le motif.