Dépêches AFP

Algérie/Hirak: des interpellations, dont un photographe de l'AFP

14 mai 2021 à 16h14 Par AFP
Plusieurs personnes ont été arrêtées par la police vendredi à Alger lors d'une tentative de marche du mouvement pro-démocratie du Hirak, parmi lesquelles des journalistes, dont un photographe de l'AFP. Des manifestants, qui s'apprêtaient à participer à la marche hebdomadaire du Hirak ont été bousculés et interpellés dans le centre d'Alger, a constaté un journaliste de l'AFP. Un photographe de l'AFP, Ryad Kramdi, a été interpellé dans le quartier populaire de Bab El Oued pour vérification d'identité, et conduit au commissariat, selon un de ses collègues. Il était injoignable en milieu d'après-midi. D'autres journalistes et photographes ont été arrêtés, dont Khaled Drareni, correspondant en Algérie pour la chaîne francophone TV5, et un vidéaste de l'agence internationale Reuters, selon les réseaux sociaux.Le Comité national de libération des détenus (CNLD), une association d'aide aux détenus d'opinion, a fait état de nombreuses arrestations à travers tout le pays, parmi lesquelles des figures du Hirak et des opposants, comme le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas.A l'approche des élections législatives anticipées du 12 juin, rejetées par le Hirak, la répression s'accroît en Algérie, selon les organisations de défense des droits humains.Selon le CNLD, plus de 70 personnes sont actuellement incarcérées, poursuivies pour des faits en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles.Le régime paraît désormais déterminé à briser le mouvement de protestation populaire, né il y a plus de deux ans, afin d'appliquer sa "feuille de route" électorale. Le ministère de l'Intérieur a ainsi décidé cette semaine d'obliger les organisateurs des marches du Hirak -- un mouvement pacifique et sans véritable leadership -- à déclarer au préalable les manifestations auprès des autorités. Né en février 2019 du rejet massif d'un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika --qui a démissionné peu après--, le Hirak réclame un changement radical du "système" politique en place depuis l'indépendance en 1962.