Bissau: le PAIGC menace de manifester à nouveau pour réclamer un gouvernement

Par AFP

AFRICA RADIO

Le principal parti bissau-guinéen a sommé dimanche le président José Mario Vaz de nommer un nouveau gouvernement dirigé par son chef, Domingos Simoes Pereira, sous peine de manifestations de plus en plus importantes.

Malgré le bon déroulement des élections législatives du 10 mars, remportées par le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), ce petit pays lusophone d'Afrique de l'Ouest peine à sortir de la crise politique qu'il traverse depuis le limogeage en août 2015 par M. Vaz de M. Pereira, alors Premier ministre.La Cour suprême a rejeté le 15 mai un recours de l'opposition parlementaire contre la composition du bureau de l'Assemblée nationale, qui a transmis le 26 avril au chef de l'Etat le nom de M. Pereira pour le poste de Premier ministre. Selon l'arrêt de la Cour, ce recours aurait dû être porté devant une autre juridiction et le délai n'a pas été respecté. La veille, le PAIGC et ses alliés avaient fait descendre dans la rue plus d'un millier de personnes pour réclamer "la nomination immédiate et sans conditions de DSP" (les initiales de M. Perieira).Mais lors d'une visite samedi à Contuboel (centre), M. Vaz a laissé entendre qu'il ne comptait pas effectuer cette nomination dans l'immédiat."La décision de nommer un nouveau Premier ministre ne dépend pas uniquement du président de la République. Cela dépend aussi du peuple", a-t-il affirmé, ajoutant: "Les Bissau-Guinéens doivent se parler, débattre de leurs problèmes".Le PAIGC a réagi dimanche en menaçant de mobiliser ses partisans en nombre."Le peuple bissau-guinéen a voté et un parti a gagné les législatives. Le bureau de l'Assemblée est déja constitué et le Parlement fonctionne normalement", a déclaré à la presse Dionisio Pereira, président du mouvement des jeunes du PAIGC."Si d'ici mardi 21 mai le Premier ministre n'est pas nommé, nous occuperons à nouveau les rues, jusqu'à ce que le président signe le décret nommant le nouveau Premier ministre", a-t-il ajouté.Le chef du PAIGC a promis sur twitter que les prochaines marches seraient encore plus importantes si le président persistait à "ignorer la voix des urnes".Le PAIGC et ses alliés contrôlent 54 des 102 sièges du Parlement. Le Madem, formé par 15 députés frondeurs du PAIGC, qu'ils ont amputé de sa majorité absolue dans l'Assemblée sortante, et le Parti pour la rénovation sociale (PRS) se partagent les 48 restants, respectivement 27 et 21.Depuis la reprise des travaux parlementaires le 18 avril, les débats achoppent sur le poste de deuxième vice-président de l'Assemblée, revendiqué par le Madem pour un de ses dirigeants, Braima Camara, mais rejeté par le PAIGC, qui le considère comme l'un des principaux artisans de la fronde.