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Bissau: le président reçoit ses pairs africains pour célébrer l'indépendance

24 septembre 2020 à 15h48 Par AFP
Le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo a accueilli jeudi quatre de ses pairs ouest-africains pour les cérémonies du 46e anniversaire de l'indépendance du pays, consolidant ainsi sa position, après des mois de contestation de son élection. Le pays a obtenu son indépendance en 1974 après une lutte contre la puissance coloniale portugaise conduite par le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap Vert (PAIGC), dirigé par Amilcar Cabral.M. Embalo, 48 ans depuis mercredi, a décoré de la médaille Amilcar Cabral, plus haute distinction du pays, les quatre présidents venus assister aux cérémonies, au stade du 24-Septembre, où l'accès avait été limité à la moitié de sa capacité de 15.000 places, en raison des mesures sanitaires.Il s'agissait des présidents nigérian Muhammadu Buhari, sénégalais Macky Sall, mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et burkinabè Roch Marc Christian Kaboré."C'est la première fois dans son histoire que notre pays accueille autant de hautes personnalités venues célébrer avec nous l'anniversaire de notre indépendance dans une ambiance de paix et de stabilité", a assuré M. Embalo dans un discours d'une dizaine de minutes.Le Togo était représenté par son Premier ministre Selom Komi Klassou, le Portugal, la Gambie et le Liberia par leur ministre des Affaires étrangères. Le PAIGC, qui domine la vie politique depuis l'indépendance, refuse de reconnaître la victoire au second tour en décembre 2019 de M. Embalo face à son candidat et chef du parti, Domingos Simoes Pereira.Mais la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédeao), médiatrice dans les crises chroniques qui secouent le pays, a officiellement reconnu en avril M. Embalo comme chef de l'Etat.Et la Cour suprême a confirmé la victoire de M. Embalo en rejetant les recours de son adversaire.Cet imbroglio est le dernier épisode en date d'une histoire contemporaine chaotique, jalonnée de coups d'Etats ou de tentatives, le dernier putsch remontant à 2012.Depuis 2014, le pays s'est engagé vers un retour à l'ordre constitutionnel, sans pour autant échapper aux turbulences à répétition, mais sans violence, entre le camp du président sortant, José Mario Vaz et la direction du PAIGC.