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Burkina Faso/Présidentielle : Pr Abdoulaye Soma, le candidat de la nouvelle génération

18 novembre 2020 à 10h06 Par Stéphanie Hartmann
Notre invité, le Professeur Abdoulaye Soma, est l’un des treize candidats à l’élection présidentielle. Candidat du parti Soleil d’avenir, Abdoulaye Soma se veut le représentant d’une nouvelle génération d’hommes politiques.

Africa Radio : Tous les Burkinabè pourront-ils voter le 22 novembre ?

Pr Abdoulaye Soma : La réponse est évidemment non, tous les Burkinabè qui ont le droit de vote et qui auraient dû avoir la possibilité de voter ne pourront pas voter le 22 Novembre 2020, aux élections couplées présidentielles et législatives. J’avais personnellement fait des analyses, il y a six mois. Depuis, j’attire l’attention du gouvernement sur cette anomalie, il n’en a pas tenu compte. C’est maintenant, au pied du mur, que l’on constate effectivement que plus d’un tiers de l’électorat burkinabé ne pourra pas voter. Il y a des zones où les bureaux de vote ne peuvent être déployés, et d’autres dans lesquelles les Burkinabè qui ont le droit et la volonté de voter y seront privés.

 

Éventuel retour de l’ancien président Blaise Compaoré ?

Je ne peux pas partager cette promesse du président sortant Roch Marc Christian Kaboré. Il a eu cinq ans pour faire les choses correctement, il ne les les a pas faites . Et le retour de Blaise Compaoré c’est quelque chose qui me parait tout à fait plausible. Parce que moi-même dans mon programme politique, le premier point sur lequel j’ai prévu de m’attacher c’est la réconciliation nationale. Mais quand on parle de réconciliation en fait pour nous, on parle d’une anomalie politique qui s’est manifestée dans la génération qui est restée au pouvoir ces 30 dernières années c'est-à -dire la génération Blaise Compaoré, Marc Christian Kaboré , Zéphirin Diabré, tous ces noms que vous connaissez de la politique burkinabè, ce sont des gens qui ont travaillé depuis la révolution Sankariste et qui sont restés aux affaires depuis ces 30 dernières années et c’est ce qui crée des dysfonctionnements et de l’insécurité. De ce fait, la réconciliation et la stabilité du Burkina Faso ne peut guère passer que par un acteur neutre.

 

C'est votre première candidature. Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent votre inexpérience ? 

Non je ne crains pas, enfin (il y a des commentaires de ce type)  ceux qui disent que je n’ai pas d’expérience ignorent ce que je fais. La gestion de l’Etat c’est d’abord la connaissance de l’Etat. Personne ne peut contester que je connais l’Etat, je suis professeur de droit constitutionnel, j’enseigne l’Etat, je maîtrise l’Etat sur le plan théorique. Maintenant sur le plan pratique, j’ai été dans l’organe présidentielle s’il vous plaît Madame, qui a géré, le Burkina Faso pendant les deux semaines qui ont succédées la démission de Blaise Compaoré. J’ai été le conseiller principal du premier ministre (Isaac Zida) du début de la transition jusqu’à la fin de la transition. Je connais l’Etat.

 

Quels regards portez-vous sur la candidature Isaac Zida ?

Je pense qu’il n’aurait pas dû. Lorsqu’on est accusé de ce qu’il est accusé et qu’on n’est pas encore rentré faire la lumière sur tout ça. J’aurai été parmi ses proches je lui aurais conseillé de ne pas se présenter cette fois-ci à l’élection présidentielle, en prenant le temps de nettoyer le passé qui lui est reproché et faire la lumière sur tout ça avant de « s’injecter » dans la politique.

 

Rejoindre l’opposition en cas de défaite au premier tour ?

J’aviserai mais ma conviction politique ferme est que j’ai eu l’ambition d’être un modèle politique au Burkina Faso et en Afrique, voir dans le monde. C’est une ambition, c’est un objectif qui est fixé. Par mon comportement politique je donne des leçons politique, de correction politique aux gens. Donc quand il y aura un second tour et que je n’y serai pas, j’aviserai parmi les candidats qui seront au second tour. Est-ce que je soutiens quelqu’un ou je ne soutiens personne?  À quelles conditions je soutiens ? Mais j’ai foi en ce que je fais et je ne serai pas étonné si je gagne ces élections.

Des propos retranscris par Maladho Diallo