Burkina/présidentielle: début de l'inscription des électeurs, malgré les violences

Par AFP

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L'inscription des électeurs pour les élections présidentielle couplées aux législatives, prévues en novembre 2020 au Burkina Faso, a débuté, a annoncé mardi la Commission électorale, dans un contexte de violences qui ont fait plus d'un demi-million de déplacés.

Le Burkina Faso, frontalier du Mali et du Niger, est confronté à des attaques jihadistes, qui ont fait plus de 750 morts depuis 2015 et contraint plus de 600.000 personnes à fuir leur foyer. "L'enrôlement des électeurs qui durera jusqu'en avril se déroule dans un contexte national difficile a déclaré le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Newton Ahmed Barry, lors d'une cérémonie de lancement à Dédougou, chef-lieu de la région de la Boucle du Mouhoun, dans l'ouest du pays."Il y a la psychose de l'insécurité et le drame de nos compatriotes déplacés. En ces moments difficiles, le seul recours des citoyens ce sont les valeurs de la République", a ajouté M. Barry. "En ces moments difficiles votre carte d'électeur est votre arme pour défendre votre +burkindlim+ (intégrité, en langue moré, principale ethnie du pays, NDLR), et notre refus de nous soumettre à tout diktat d'où qu'il vienne", a-t-il insisté.Alors que les forces de l'ordre burkinabè, sous-équipées et mal entraînées, n'arrivent pas à enrayer la spirale de violences, le pays organisera des élections présidentielle et législatives le 22 novembre 2020.La Ceni a mobilisé 6.120 opérateurs recenseurs et superviseurs pour enregistrer les quelque 4,5 millions d'électeurs attendus, contre plus de 5,5 millions inscrits par la Ceni pour les élections de 2015, les premières depuis la chute de Blaise Compaoré, renversé en 2017 après 27 ans au pouvoir.Concernés pour la première fois par le vote, les Burkinabè de la diaspora ont été enrôlés du 4 au 26 janvier dans 22 ambassades et consulats, selon la Ceni qui a déploré une faible affluence, avec moins de 24.000 inscrits sur quelque 2 millions attendus. Candidat à sa propre succession, le président Roch Marc Christian Kaboré devrait être opposé à de nombreux anciens proches de Blaise Compaoré, dont l'ex-Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo et Gilbert Noël Ouédraogo, président de l'ancien principal parti allié du régime Compaoré.