Cameroun anglophone: hausse des violences avant les législatives

Par AFP

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Les homicides et exactions commis par l'armée et les séparatistes dans les deux régions anglophones du Cameroun, où ils s'affrontent depuis trois ans, sont en hausse à l'approche des législatives de dimanche, selon Amnesty international et une ONG locale.

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont confrontées à une "hausse des homicides (...) à l'approche des élections", écrit vendredi Amnesty international.Reportées à deux reprises depuis 2017, les élections législatives et municipales de dimanche devraient être largement remportées par le parti de l'inamovible président Paul Biya qui jouit d'une très large majorité au Parlement sortant, d'autant que l'un des principaux partis de l'opposition appelle au boycott. Les séparatistes ont appelé les populations des régions anglophones à tout faire pour empêcher la tenue du scrutin. Yaoundé assure que les électeurs pourront aller voter en sécurité, et a récemment envoyé des centaines de soldats en renfort. "L'armée du Cameroun s'est livrée à un regain de violence ces dernières semaines, qui a donné lieu à des dizaines d'homicides et contraint des milliers de personnes à quitter plusieurs zones des régions anglophones", écrit Amnesty international. Selon elle, 14 hommes ont été retrouvés morts après l'attaque par des soldats le 23 janvier du village de Ndoh, dans le sud-ouest.En outre, plus de 50 maisons ont été incendiées par l'armée dans le Sud-Ouest, accuse l'ONG. Des violences meurtrières ont également été commises par des séparatistes armés, qui "continuent de perpétrer des crimes graves, notamment des homicides, des enlèvements et des extorsions", ajoute-t-elle.L'ONG locale Human Is Right (HIS) dit, dans un rapport vendredi, avoir "documenté de nombreux cas de violation des droits humains" par l'armée comme par des séparatistes dans le Sud-Ouest.Un employé chargé de l'organisation du scrutin a été kidnappé le 18 janvier par des séparatistes avant d'être relâché début février. Deux jours après, le domicile d'un député du parti au pouvoir a été incendié à Muyuka.Depuis jeudi, plusieurs localités des régions anglophones sont complètement désertes, les habitants cloitrés et les commerces fermés, les séparatistes ayant imposé une opération villes mortes. Depuis près de 3 ans, les séparatistes qui militent pour la création d'un Etat indépendant dans les régions anglophones affrontent l'armée. Ce conflit a déjà fait plus de 3.000 morts et forcé près de 700.000 personnes à fuir leur domicile.