Cameroun: deux tribunaux ordonnent la libération de plus de 100 détenus anglophones

4 octobre 2019 à 13h42 par AFP

AFRICA RADIO

Deux tribunaux militaires au Cameroun ont ordonné vendredi les 102 premières libérations de détenus décidées par le président Paul Biya dans le cadre du grand dialogue sur la crise anglophone dans l'Ouest, ont indiqué à l'AFP des sources judiciaires et administratives.

Aucun des dirigeants séparatistes incarcérés à Yaoundé ne figuraient parmi les détenus libérés dans la prison de cette ville, a constaté un journaliste de l'AFP. Le président auto-proclamé de l'Ambazonie (nom donné par les indépendantistes à l'ancien Cameroun du Sud, non reconnu) Sissiku Julius Ayuk Tabe, est détenu à la prison centrale de Yaoundé.Ces premières libérations font suite à l'annonce faite jeudi par le président Paul Biya sur l'abandon des charges retenues contre 333 personnes. Le Premier ministre camerounais Joseph Dion Ngute avait précisé jeudi soir, qu'elles seraient remises en liberté dans un "geste d'apaisement", à la veille de la clôture d'un Grand dialogue national à Yaoundé. Ce dialogue était censé régler le conflit opposant groupes armés indépendantistes et forces de sécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, peuplées par la minorité camerounaise anglophone (16% de la population).Plus de 1.000 personnes ont été emprisonnées au cours de ce conflit qui a fait plus de 3.000 morts depuis 2017, selon des ONG.A Yaoundé, le parquet a ordonné la libération de 25 détenus, a constaté un journaliste de l'AFP. 77 détenus ont été libérés à Bamenda, chef-lieu de la région anglophone du Nord-Ouest, tandis que le tribunal de Douala, capitale économique du pays, était en train de statuer sur 54 autres cas, a confirmé l'AFP auprès de sources judiciaures et administratives."Je remercie Dieu et tous les responsables (militaires) qui ont permis que je me retrouve sur la liste des bénéficiaires", a réagi un détenu de Yaoundé, Nicobi Raju, anglophone arrêté à Kumba en février 2018. "Je remercie aussi le président de la République pour cette décision", a-t-il dit. "Je suis émue. C'est le fruit de beaucoup de travail. Parmi les 25 (bénéficiaires de Yaoundé), il y en a 17 que je défendais. Il en reste 146 que je défends encore dans le cadre de cette crise", a affirmé à l'AFP une avocate, Me Honorine Banga. "Mes clients (bénéficiaires de la clémence de M. Biya) étaient poursuivis pour des faits de sécession et de financement de terrorisme" notamment, a-t-elle indiqué, précisant que ce sont des "crimes passibles de la peine capitale".