Cameroun: le leader séparatiste va faire appel de sa condamnation à la prison à vie (avocat)

3 septembre 2019 à 10h52 par AFP

AFRICA RADIO

Le leader des séparatistes anglophones au Cameroun, Julius Ayuk Tabe, et neuf de ses partisans ont décidé de faire appel de leur récente condamnation à la prison à vie par le tribunal militaire de Yaoundé, a appris l'AFP mardi auprès d'un de leurs avocats.

"Nous avons notifié à la Cour d'appel du Centre (à Yaoundé) la décision de nos clients de (faire) appel du jugement les condamnant à vie", a affirmé à l'AFP Me Joseph Fru, membre d'un collectif d'avocats créé pour assurer la défense des séparatistes."Nous sommes actuellement en train de constituer les dossiers d'appel", a-t-il ajouté."Il semble que le tribunal militaire a rendu un verdict et une condamnation expéditifs sans donner aux accusés une occasion véritable de se défendre", a commenté Lewis Mudge, directeur pour l'Afrique centrale à Human Rights Watch (HRW), dans un communiqué.Le tribunal militaire de Yaoundé a admis "des milliers de pages de déclarations et de documents comme preuves contre les prévenus et plus de 1.000 éléments de pièces à conviction, comme des fusils, des lances et des ordinateurs portables", a détaillé l'ONG. Elle a regretté que les avocats de la défense n'aient pas eu connaissance de ces éléments avant le procès pour pouvoir les "examiner, (les) aborder avec leurs clients ou (les) remettre en question efficacement".La condamnation à vie de M. Tabe et ses neuf partisans avait été assortie d'une condamnation à payer 262 milliards de FCFA (environ 400 millions d'euros), représentant les dommages et intérêts et les frais de frais du procès, selon HRW.Julius Ayuk Tabe est le président autoproclamé de l'Ambazonie, l'Etat que les séparatistes veulent créer dans les deux régions anglophones, dans l'ouest du Cameroun.En 2016, une partie des habitants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont commencé à manifester pour demander davantage de reconnaissance de l'Etat central. Depuis, les manifestations ont dégénéré en conflit armé.M. Ayuk Tabe avait été interpellé avec 46 autres indépendantistes à Abuja début janvier 2018 par les services de renseignement nigérians. Ils avaient ensuite été transférés à Yaoundé.Une extradition qui a été jugé illégale par la justice nigériane en mars 2019.