Cellou Dalein Diallo, dix ans au gouvernement sous Conté

7 novembre 2010 à 11h51 par La rédaction

CONAKRY (AFP)

Cellou Dalein Diallo, 58 ans, arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle du 27 juin en Guinée avec 43% et qui affrontait Alpha Condé au second tour dimanche, a été plusieurs fois ministre puis chef de gouvernement sous le régime du défunt général Lansana Conté.

Ses détracteurs lui reprochent d'être un "pur produit du système Conté" mais ses proches présentent, au contraire, comme "un atout" ses dix années d'expérience gouvernementale.

Membre de l'ethnie peule, une des plus importantes du pays, Cellou Dalein Diallo est issu d'une grande famille d'imams du village de Dalein, proche de Labé, capitale du Foutah Djallon (centre).

C'est à Conakry puis à Paris qu'il s'est formé comme économiste.

A partir de 1996, l'autocrate Lansana Conté le nomme successivement ministre des Infrastructures économiques, des Transports et travaux publics, puis de la Pêche.Puis il dirige le gouvernement pendant 16 mois, de la fin 2004 jusqu'à son limogeage en avril 2006 sur fond de lutte d'influence, alors que le dictateur Conté est absent des affaires.

"Conté était malade et c'était lui qui représentait alors la Guinée.Il a un vaste réseau de relations sur le plan international", affirme un proche.

En 2007, Dalein Diallo devient président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), avec le soutien du charismatique opposant Mamadou Bâ (décédé en 2009).

Fin 2008, quand de jeunes officiers prennent le pouvoir à la mort de Conté, il prend acte du putsch sans s'y opposer, comme la grande majorité des dirigeants politiques."Il n'y a pas eu de résistance en raison de la crise de légitimité des institutions et de la misère", dit-il, disposé à travailler avec le nouveau pouvoir "pour déboucher sur une transition apaisée".

Mais la désillusion s'installe dans le pays.Et le chef de la junte, Moussa Dadis Camara, fait de lui une de ses bêtes noires.

Le 28 septembre 2009, quand l'armée réprime dans le sang un rassemblement de l'opposition (156 morts), il est sérieusement blessé et hospitalisé à Paris.

Il est marié et père de trois enfants.